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 INTERVIEW

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BENGI*
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MessageSujet: INTERVIEW   Sam 20 Mai 2006 - 19:21




_On va commencer par le commencement, donc l'enfance...

_ Alors... Je suis issu d'une famille très modeste. J'ai un frère plus agé de 3 ans, et une sœur plus jeune de 5 ans. J'ai bringuebalé un peu partout. Mes parents se sont séparés quand j'avais 5 ans, donc dès l'âge de 7/8 ans, j'ai été placé en internat, j'ai été placé un peu partout...
C'est donc ce qui est important pour mon enfance, car j'ai perdu mon père assez jeune, j'avais 12 ans... J'ai toujours vécu, jusqu'à l'âge de mes 18 ans, hors de chez moi. Je n'ai jamais connu de Noël en famille par exemple... C'est important pour ce qui me construit... Mais je ne regrette pas du tout... J'ai eu une belle enfance je trouve. On était livré à nous même. Ma mère m'a toujours laissée faire ce que je voulais, elle m'a toujours dit de profiter de tout, du moment que je ne faisais de mal à personne...
Et donc à 17 ans, j'ai pris mon autonomie, j'ai vécu tout seul; Je vivais dans un appart', qui était juste au-dessus du magasin de ma maman, que l'on voit d'ailleurs dans C'est arrivé...; j'avais une pièce pour moi...
Et puis j'ai énormément raté à l'école, forçement parce que je n'avais pas d'autorité sur moi. Donc j'ai raté 3 fois la même année, chez nous ça s'appelle la 3ème rénovée; donc chez vous, c'est en décroissant, donc en fait c'est la 4ème... Après j'ai voulu arrêter l'école, j'ai voulu travailler, mais je me suis rendu compte que j'étais pas fait pour ça, donc j'ai repris un an d'école. Et puis j'ai encore raté... J'étais à l'Académie des Beaux-Arts, je suis resté deux mois puis je me suis tiré... Après ça, j'ai plus été à l'école du tout, c'est à partir de ce moment là que j'ai décidé de travailler, et je me suis rendu compte que je ne savais pas travailler, que ça m'emmerdais... Donc je suis retourné à l'école, et là j'ai décidé de plus rater, parce que j'étais trop vieux, -donc là j'arrivais déjà à mes 18 ans- et j'ai terminé mes humanités, pour vous le Bac, à presque 20 ans...
Et quand j'étais en dernière année, donc pour le Bac, j'ai rencontré Remy Belvaux, qui était dans la même école de dessin que moi, c'était une école pour ratés hein... Ces écoles de dessin, c'est la même chose que tourisme... Ce sont des écoles où tu sais plus quoi foutre... Le frère de Rémy faisait du théâtre, et j'ai accepté de jouer dans leur spectacle, parce que le comédien avait eu un accident...
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BENGI*
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MessageSujet: Re: INTERVIEW   Sam 20 Mai 2006 - 19:22



Donc en fait, c'était tout à fait improvisé au départ...

_ Oui, j'ai commencé en faisant une pièce de théâtre pour remplacer un comédien, car en fait c'est moi qui dessinait l'affiche... Le type était venu dans l'école demander s'il y avait pas quelqu'un qui voulait dessiner l'affiche d'un spectacle amateur, moi j'ai dit oui parce qu'il y avait une fille dans le spectacle que j'aimais bien... Et donc, un des types de cette pièce a eu un accident de moto, et il fallait le remplacer au pied levé, et comme j'avais lu le spectacle -pour rester près de la fille, que j'essayais de draguer, péniblement...- j'ai accepté de jouer ce truc, et j'ai joué deux fois dans le spectacle... Je jouais un flic... C'est la seule expérience théâtrale que j'ai eue, mais bon, c'était vraiment pour le village hein, on jouait un spectacle d'amateur, et les parents l'ont vu.
Et puis après ça, je suis resté ami avec Remy, qui avait dessiné les décors... Et moi je voulais faire de la BD donc je suis entré à St-Luc, à Bruxelles... J'avais choisi " illustration pour enfants et photo " en fait, parce que la BD c'était trop ciblé, j'avais un peu les boules. Remy est entré à L'INSAS... Et il avait besoin d'un comédien pour faire ses exercices d'école. Moi je continuais mes études de dessin et de photo, et je faisais, une fois par an l'acteur, dans des tout petits trucs pour Remy. En deuxième année d'INSAS de Remy, on a décidé de faire un court-métrage ensemble, qui s'appelait Pas de C4 pour Daniel Daniel, dans lequel j'ai joué le rôle principal... Le tournage a duré une semaine, on faisait n'importe quoi ! Enfin... on discutait un peu avant, puis on se disait, on va faire ça, ça va être marrant... Mais pour le montage, ça nous a pris 6 mois, parce qu'on avait jamais le temps, il fallait faire ça sur le coté... Et on a gagné deux prix dans notre ville, au festival de Namur... On a même été sélectionnés dans pas mal de festivals, ça nous a donné du courage...
Et en dernière année, -j'étais encore à St-Luc, Rémy était en dernière année à L'INSAS-, on a écrit ensemble C'est arrivé prés de chez vous, et Remy l'a réalisé... Et voilà, après vous connaissez la suite.
Donc ce qui est important je crois pour mon enfance, c'est que j'ai toujours vécu avec des gens, toujours avec des mecs de mon âge... Ce qui fait que je suis casanier , c'est à dire que je déteste bouger, j'ai pris une peur maladive du mouvement. Mais par contre j'adore être avec beaucoup de gens. Jusqu'à l'âge de 23/24 ans, j'ai jamais eu de " chez moi ", donc à partir du moment où j'ai commencé à avoir un truc, je m'y suis attaché très fort. Mais par contre, j'ai gardé ce contact avec les gens, c'est pour ça que je fais beaucoup de boulots avec mes amis, c'est très important pour moi l'amitié...
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MessageSujet: Re: INTERVIEW   Sam 20 Mai 2006 - 19:25



_ Mais, n'as-tu jamais eu des inspirations, des modèles ?...

_ Si, quand Rémy était à l'INSAS, moi j'y allais tout le temps parcequ'il y avait une cafétéria où l'on pouvait bouffer, pour 15 francs français, des repas complets. Donc j'allais tout le temps bouffer là, comme ça j'étais avec les copains. Et on avait des velléités de cinéma, c'est à dire qu'on aimait un certain type de cinéma. Et donc, les modèles que j'ai eus... Je verrais ça plus en termes de sensations... J'ai aimé des acteurs pour le film que j'aimais, car c'était plus le film et l'acteur dans le film, c'était pas des acteurs à part entière, à part De Funès quand j'étais tout petit, et Fernandel...
Et puis, j'ai tout de suite aimer les acteurs du fond, les acteurs d'arrière-plan, qu'on voyait jamais, qu'on reconnaît, mais dont on ne retient pas le nom et qui te font beaucoup rire. J'adorais Bernard Blier... J'ai toujours eu beaucoup d'affection pour ces acteurs, les seconds couteaux on appelait ça. Déjà à 18 ans avec Rémy on avait dit, notre plus grand rêve, ce serait de faire un film avec tous les seconds couteaux du cinéma...

_ Alors, justement est-ce que tu peux nous dire quels sont tes films préférés ?

_ Oh oui c'est facile, mon film préféré, si je devais n'en prendre qu'un, ça serait Raging Bull ou Il était une fois en Amérique, ce sont mes deux films fétiches, je crois que ce sont les deux films qui m'ont le plus apporté et qui m'apportent encore. Et après je crois... Un peu prés tous les films de Scorsese, je les aime tous à part peut être un ou deux, et le reste après il y en a plein...

_ C'est de Sergio Leone le deuxième ?...

_ Oui, c'est ça. Mais c'est deux films avec De Niro par contre, parce que lorsque j'avais 18 ans c'était mon dieu... Mais encore maintenant, j'ai la même affection, moins pour ce qu'il fait, parce que c'est moins égal...

_ Ce n'est pourtant pas le même style de cinéma que celui dans lequel tu te distingues...

_ Non, mais justement...
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MessageSujet: Re: INTERVIEW   Sam 20 Mai 2006 - 19:32



_ En fait, tu as l'air d'apprécier vraiment des films qui diffèrent par rapport à ce que tu fais...

_ Oui, mais en même temps, c'était une sorte de "pas de concession" quand même, c'était faire des films sans concessions, et puis il y avait une affection, et je la garde, pour le cinéma indépendant... Après, il y a pas beaucoup de points communs entre Il était une fois en Amérique et Raging Bull, ce sont les deux opposés, et pourtant je les aime tous les deux... Non, et puis je ne pense pas qu'il faille essayer de refaire ce qu'on aime, il faut essayer de trouver sa propre personnalité, sa propre place...

_ Comme en dessin.

_ Oui, comme en dessin, après il faut essayer de se séparer de ses maîtres, mais enfin c'est parce que tu me demandes les deux films qui m'ont construit. Pour moi ce sont les deux, après c'est vrai qu'il y a pas vraiment de similitudes...

_ Quel est le dernier film qui t'as vraiment fait marrer ?

_ Ca dépend, parce que c'était drôle ou parce que c'était ridicule ?...

_ Les deux , à la rigueur...

_ Oh, j'en ai vu un hier à la télé, c'est le dernier, je me souviens même pas du titre...

_ Sur quelle chaîne ?

_ Sur Canal, un truc complètement con... Un film complètement chiant, ces films là ça me fait rire je dois dire, mais je ris en me disant que c'est ridicule...

_ Mais un film drôle alors ?

_ Un film qui m'a vraiment fait rire récemment ?... Oui, j'ai revu Les tontons flingueurs... Je l'ai revu parce que j'avais le moral par terre, je crois que c'est le dernier... Pour être honnête, ça fait un mois, j'ai voulu me le revoir parce que j'en avais parlé avec des copains, et je suis un fan absolu de ce film, je l'ai vu je ne sais pas combien de fois, 17 fois au moins... J'avais un coup de blues et je me suis dit, tiens je vais me le revoir, et je ris toujours autant. Bon parce que dans le cinéma je ris beaucoup, mais sinon c'est Goossens, si je veux vraiment beaucoup rigoler, je lis Goossens, ouais, Daniel Goossens...
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MessageSujet: Re: INTERVIEW   Sam 20 Mai 2006 - 19:39




_ En effet, on y reviendra, mais pour rester encore un peu dans le cinéma, quel regard portes-tu sur le cinéma américain, peut être es-tu plus attiré par un certain cinéma indépendant ?...

_ Non, j'aime tous les cinéma pourvu qu'ils soient exactement dans la cible qu'ils visent. C'est à dire, si jamais on me dit, on va vous montrer un super film d'action, -et il y a des films d'action qui sont absolument époustouflants-, si vraiment il y a de l'action, que c'est rythmé, que les personnages sont bien installés et tout, du moment que c'est bon... Je suis content, qu'il soit américain ou quoi que ce soit. Après quand les mecs arrivent à combiner les deux, et c'est pour ça que Kubrick est un génie. Quand j'ai revu L'ultime razzia, The killing, bon, c'est un film d'action et en même temps c'est un thriller psychologique épouvantable, donc t'as tout, et c'est un film populaire...
Mais je n'ai pas d'a priori sur le cinéma américain... Ce que je n'aime pas c'est quand on me dit, c'est un film "d'auteur", je trouve ça complètement con, c'est à dire avec des velléités intellectuelles alors que c'est con comme ses pieds, ou bien qu'un mec me dise que c'est un film d'action et que je m'emmerde, si c'est trop con... Faut pas exagérer... Si on me dit, c'est un film con et que c'est vraiment con et que je ris parce que c'est vraiment con, alors je m'amuse... Le tout c'est d'être bien dans ce qu'on cible...
C'est comme la musique ; si le mec me dit, j'ai fait de la chanson à texte et que c'est de la chanson à texte, c'est bon, si c'est pas de la chanson à texte, ça me casse les couilles... Alors tu vas me dire que c'est des compartiments, mais c'est pour éviter les a priori, je n'ai pas d'a priori sur aucun compartiment, je m'en fous complètement, du moment que ça me donne du plaisir... Donc je peux regarder des tas de navets, si je sais d'ores et déjà que le gars a fait un navet, -il y a des réalisateurs tu sais que c'est des faiseurs de navets, mais de navets qui fonctionnent-, il y a des moments où t'as besoin de te laver la gueule, donc tu regardes des navets. Je me souviens quand j'ai vu Independance Day, je savais ce que j'allais voir, je suis pas sorti en me disant, mon dieu que je suis déçu... Je savais que j'allais voir un navet... Mais en même temps, le gars veut te vendre un super navet...

_ Ca c'est un vrai bon navet.

_ Ouais c'est une série B, le tout c'est qu'on devrait nous le vendre comme une série B et pas nous dire que c'est un film étonnant... Mais il y en a qui m'ont beaucoup plus énerver... Armaguedon m'a beaucoup plus énervé par exemple, ouais ça m'a vraiment cassé les couilles, j'ai vraiment trouvé ça très con ! Et en plus je me suis pas amusé, j'ai trouvé ça long, débile, et les effets étaient pas terribles... La Momie aussi je me suis vraiment fait chier !

_ Donc tu n'as vraiment aucun a priori.

_ Non, aucun a priori, je trouve ça débile...

_ Je sais, mais tu vois, en France il y a pas mal d'acteurs qui jouent dans un certain cinéma, et qui méprisent un peu ce genre de films...

_ Oui, mais je crois qu'il y a aussi beaucoup d'acteurs qui vont pas... hehe :-)
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MessageSujet: Re: INTERVIEW   Sam 20 Mai 2006 - 19:39



_ Et donc justement, aimerais tu aller travailler aux Etats-Unis, est-ce que cela t'attire ?

_ Non, non, je m'en fous complètement, j'aime déjà pas être à Paris, parce que j'ai l'impression que ça me bouffe le ventre, j'aime pas bouger de chez moi... Parce que j'ai peur, je suis effrayé par la ville et tout, qu'est ce que tu veux que j'aille foutre aux Etats-Unis, je vais être terrorisé, je parle déjà pas la langue... Qu'est ce que je vais aller m'emmerder ? Et puis c'est un cinéma complètement différent, c'est idiot de vouloir faire un truc que tu connais pas, ou alors, je veux bien aller jouer un belge à New-York. Ca me gêne pas du tout, parce que un belge à New-York, je devrais utiliser ce que j'ai, ce qui est en moi, mais aller jouer un héros aux Etats-unis... Non, on a pas la stature pour être des héros américains, en plus on a assez chez nous pour se servir, non, ça ne m'intéresse pas...

_ Ok, alors, tes passions, autres que le cinéma, alors bien sur il y a la BD...

_ Mais la BD ça a passé, je suis plus un fan de BD...

_ Ah bon ?

_ Ah non, non, non, j'ai une grande admiration pour la BD, mais ce n'est pas une passion... Donc je pense qu'il y a énormément de potentiel dans la BD qui n'est pas exploité, je pense que le défaut de la BD, c'est qu'elle a eu une grande période où elle a fait n'importe quoi et elle s'est un peu auto-mutilée...
Maintenant, je trouve qu'on est revenu à un équilibre, mais il faut bien regarder, il y a des scénaristes qui sont absolument fabuleux, il y a des concepteurs, des dessinateurs, des coloristes... D'ailleurs, ce qui est très amusant à observer, c'est que, dans son essor, la BD à énormément volé au cinéma. Dans le montage, le cadrage, le rythme, dans les ellipses aussi, la BD a vraiment pompé, même dans la narration et les raccourcis.
Et maintenant, c'est l'inverse, le cinéma, comme il s'épuise un peu dans les films d'actions, pique à la BD. Il repique ce que la BD lui avait déjà piqué, et je trouve que là ça devient un juste milieu parce que je pense qu'il y a plus de créativité pour l'instant dans la BD, ça j'en suis convaincu, que dans le cinéma. Et je pense que les producteurs feraient bien d'aller regarder du coté de la BD, parce que les nouveaux viennent de là-bas. Mais j'ai déjà un copain, qui a bien compris ce truc là et qui va lorgner un peu de ce coté...

_ J'espère qu'ils vont t'entendre alors.
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MessageSujet: Re: INTERVIEW   Sam 20 Mai 2006 - 19:41



_ Ah, mais j'ai fait Angoulême, en tant que jury, et j'ai défendu, à corps et à cris certaines BD pour ces arguments là. Parce que je pense que la BD a inventé un discours qui se suffit à lui-même, et qui n'est pas le parent pauvre du cinéma, ni le parent pauvre de la littérature. C'est quand la BD se suffit a elle-même en termes d'écriture, qu'elle devient absolument géniale, et justement, le cinéma devrait un petit peu aller lorgner là-dessus, et se dire, bordel, comment est-ce qu'ils font pour arriver à une telle cohérence du propos.
Il faudrait donner à la BD, son statut de BD, même au cinéma ; c'est à dire, utiliser la BD dans le cinéma, mais en tant que BD, pas simplement piquer des personnages, parce que c'est débile... Non, on prend un concepteur de BD, on prend un scénariste de BD, et on leur demande de mettre tout leur univers et de voir comment ils intégreraient l'univers du cinéma, et ça donnerait sûrement des choses intéressantes...
J'adore la BD quand elle parle de BD et pas d'autre chose... Ce qui m'énerve c'est quand la BD ressemble au cinoche, quand la BD lorgne sur des vieux schémas, je n'aime pas quand la BD se fait trop intellectuelle et devient trop littérature, lorsque ça devient une mise en image d'un texte trop compliqué... Mais bon, ce discours de BD je le respecte pour certains... Alors, mes autres hobbies ?...

_ Oui.

_ C'est ludique, moi j'aime tout ce qui est ludique... Donc je peux m'intéresser à plein de choses dans un moment très court, je suis très enthousiaste pour des bêtises, des choses très simples, je suis très jouet, je suis très gamin, j'adore tout ce qui est petit. Mais je crois que c'est lier à la BD ça, j'aime tout ce qui est bien travaillé, j'adore les bateaux... Enfin j'en ai pas trop parce que ça coûte très cher mais...

_ Les maquettes ...

_ Oui, j'aime bien tout ce qui est minuscule, tout ce qui est bien travaillé. De toute façon, je suis enthousiaste pour tout ce qui est manuel et qui est fait avec beaucoup d'artisanat, de patiente. Et j'aime les gens qui ont un rapport à leur travail, très personnel, très individuel... J'adore les gens qui ont tout un univers à eux, c'est pour ça que j'aime beaucoup aussi la BD. Le type est seul avec son univers, tu vois... Il se met devant sa feuille de papier et puis il a dessiné une ville entière...
Enfin je trouve ça magnifique, et moi j'adorais ça dans le dessin quand j'en faisais, j'avais un coté très maniéré, très précieux de mon univers que je protégeais, et j'aime retrouver, dans tout ce qui m'entoure, ce coté là. Que les gens aient un coté précieux et individuel avec ce qui les entoure, j'aime ça, parce que le cinéma c'est un travail de groupe, moi j'adore ça aussi, mais j'aime retrouver chez d'autres, un travail individuel, c'est peut-être un manque d'une certaine manière...
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MessageSujet: Re: INTERVIEW   Sam 20 Mai 2006 - 19:43



_ Le sport et la musique sont deux passions très encrées notamment chez les jeunes, est-ce que tu te retrouves aussi dans l'une d'elle ?

_ J'aime le sport parce qu'il te rassure. J'adorais courir parce que ça me rassurait, je suis très nerveux, ça me calme, ça me donne l'impression que mon corps ne se détruit pas trop vite...
Et la musique j'adore ça, mais ça fait partie des choses essentielles, c'est comme respirer, donc je crois pas qu'il y ait un air meilleur qu'un autre. Je pourrais jamais vivre sans musique. Ca partage ta vie, c'est comme les odeurs, est-ce que quelqu'un peut définir une odeur meilleure qu'une autre ? Du moment qu'elle n'est pas écœurante, elle est nécessaire, ça dépend des endroits où on se trouve... Tu vois, ça dépend un peu, tout est en adéquation. Sentir l'ail quand tu te lèves du lit c'est pas le pied. Une odeur d'ail cuit quand tu te lèves c'est pas génial quoi, par contre à midi quand tu crèves de faim, au soleil, c'est chouette... La musique c'est un peu comme ça, cela dépend des circonstances, on ne peut pas écouter de la musique classique à 11h du soir avec 200 copains, alors qu'on est prêt à se bourrer la gueule, ou alors faut être complètement nase et murger quand on commence déjà à retomber...
Tout est une question d'atmosphère, de temps, et de circonstances. Je pense que toutes les musiques sont bonnes du moment qu'on sait choisir les moments, c'est pour ça que je déteste la musique dans les endroits publiques. Je ne supporte pas, parce que c'est m'imposer dans un endroit, une musique que je n'ai peut-être pas envie d'écouter. Donc me mettre Jean-Sebastien Bach dans le métro, ça me dégoûte, au même titre que de me mettre du rap quand je suis en train de m'acheter un bouquin. Je suis pas nécessairement prêt à écouter ça, et c'est pour ça aussi que je n'aime pas trop la radio, une seule radio m'emmerderait, donc comme il y en a beaucoup, je peux zapper, donc moi par exemple dans la voiture, j'écoute jamais la radio, j'écoute d'avantage des CDs...

_ Alors, on a remarqué, notamment dans Les carnets de M.Manatane, que vous aviez pris partie musicalement, donc on se demandait comment tu vivais la séparation des 2B3 ?

_ Non mais ça c'est pas de la musique, c'est du marketing crétin, ouais ça c'est ce qu'on disait dans Manatane... Tu prends trois crétins, tu les fouts à l'image, et hop ça marche...

_ Donc, dans ce cas précis, c'est bien Poelvoorde qui pense comme Manatane... _ Ah oui, là c'est Poelvoorde et Pascal (Le Brun), on est tout à fait d'accord, mais bon... Ca coule de source que c'est des abrutis ! Enfin moi je peux pas cautionner une seule seconde ça, ça pour moi c'est zéro, c'est prendre les gens pour des imbéciles... Enfin de toute façon moi je comprends pas ça, c'est prendre les gens pour des idiots, et il y a des gens assez idiots pour y croire...

_ Et à l'heure actuelle, on assiste à une vraie recrudescence de ce genre de choses...

_ Oui, c'est de la culture de masse, c'est du digestif, c'est pas possible... Mais ça c'est bien moi qui parle, et Pascal, de toute façon dans Manatane, il y a toujours une partie de nous qui parle, donc c'est clair, je crois pas qu'ils touchent un public au-dessus de 11 ans, parce qu'à 11 ans t'es naïf...
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MessageSujet: Re: INTERVIEW   Sam 20 Mai 2006 - 19:44



_ A propos de Manatane, on se demandait si Poelvoorde et Manatane c'était pas un peu aussi Dr.Jeckill et Mr.Hyde ?

_ Non, mais ce qui est très difficile à situer avec Manatane, c'est que : il est odieux, Manatane est raciste, il ne respecte rien... Donc ce n'est en aucun cas ni Pascal ni moi qui parlons. Mais Manatane nous sert de défouloir, c'est à dire qu'on s'en sert pour montrer qu'il y a des gens qui pensent comme ça, qui parlent comme ça, et qui sont aussi cyniques, aussi dégueulasses. Avec tous les vices du monde, y'en a... Mais en même temps, Manatane nous permet de régler nos comptes avec une volée d'imbéciles qu'on aime pas ! Alors c'est ça le paradoxe, tu te dis, il a des cotés épouvantables Manatane, mais il y a des choses qu'il dit qui sont aussi extrêmement justes. Mais en même temps on ne sait pas s'il se moque ou pas...
Tu vois rarement Manatane faire une blague, et parfois il est dégueulasse, il se moque de quelqu'un dont on est d'accord pour se moquer, tu sais, quand il se fout de la gueule de Carlos... Et là c'est nous, alors on sépare... Et c'est ce que les gens ont du mal à situer. C'est moins poujadiste que ça n'en a l'air; On se fout des beaufs friqués qui ont des références culturelles, on se moque bien d'eux, on les traîne dans la boue... Manatane est un beauf friqué, c'est l'abruti dans toute sa splendeur, et en même temps parfois il dit des choses très justes, comme les beaufs, mais là pour une fois c'est un beauf friqué, donc ça déstabilise...
C'est pour ça que parfois des gens nous ont dit, Manatane est un facho, c'est vous qui êtes fachos ? Je dit vous êtes pétés ! Mais Manatane est un facho c'est clair, Manatane est facho, il n'a pas de sexualité, il baise tout, les enfants, les femmes, les hommes, il est asexué... Il n'a pas d'âge non plus, pas de parti, pourtant il déteste les communistes donc tout de suite, on se dit, il est bien de droite, plus droite que ça tu meurs... Il confond un chinois et un japonais, c'est du racisme... Mais c'est Manatane... On se moque; Quand il se moque des grévistes de la faim, on se moque pas des grévistes, on se moque des gens qui se mettent à l'image pour parler des grévistes. Et en même temps ça fait peur, c'est ça qui est génial avec Manatane, on ne sait pas, alors il y a toujours le doute. Alors les crétins qui pensent qu'on est raciste... Il suffit de lire entre les lignes, il faut pas avoir fait Science-Po...

_ On parle souvent d' "humour" anglais, penses tu qu'il y a un humour belge caractéristique?

_ Je ne pense pas, je pense que le plus important dans l'humour c'est de ne pas se prendre au sérieux. Parce que tu te dis : j'accepte d'être ridicule, j'en ai rien à foutre, donc t'as déjà une plus grande facilité à regarder le ridicule, puisque tu l'acceptes sur toi même et que ça fait partie de la vie...
Et deux, c'est de ne pas te mettre de barrière, tout en évitant la complaisance et de faire du mal aux gens. Je pense que nous, avec Pascal, c'est ce qu'on évite, la complaisance... Parce que c'est facile, hein, si tu veux, on tire à boulets rouges sur n'importe qui... Si on l'a déjà fait, faut pas le refaire. Il y a des trucs faciles qui feront toujours rire. En même temps il faut pas s'en priver; Tu vois nous on voulait voir Manatane qui bouffe de la merde... On voulait le voir, on l'a fait une fois, c'est bon on va pas lui faire bouffer dix fois de la merde, et même si aprés on nous dit, ça vous fait rire un mec qui mange sa merde ? Bah oui ça nous a fait rire une fois, on le fera pas quatre fois... En même temps ça nous gène pas de le faire péter, si vous regardez, il péte trois ou quatre fois Manatane, ça nous fait toujours autant rire...
Mais en même temps, la complaisance, comme de tirer sur les gens, à un moment t'arrêtes un peu, on est pas là non plus pour faire un règlement de compte à OK Coral, ce sont des trucs de cet ordre là qu'il faut éviter. Et surtout il faut se dire, bon je m'en fous, ça ne me gène pas de me mettre un string dans le cul, ça ne nous gène pas qu'on pense de nous qu'on est des imbéciles. Quand Pascal et moi on écrit, on se dit qu'on va vraiment nous prendre pour des imbéciles... On se prend pas au sérieux... Le plus bel exemple, c'est le... lorsque qu'on fait... ( Ben mime le mouvement d'une cravache )
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MessageSujet: Re: INTERVIEW   Sam 20 Mai 2006 - 19:45



La mutinerie !

_ la mutinerie ! Mon beau-père m'a dit, c'est débile ! Il y a rien dans ce sketche... Non il y a rien, on sait que plein de gens nous on dit que c'était ridicule. Alors maintenant ça nous gène pas de passer pour des imbéciles, parce que ça nous fait rire. On a l'air d'idiots dans la Mutinerie, Pascal se prend une gifle, Nicolas, le producteur, est pendu par les pieds, toute l'équipe se prend des claques... Je dis : je vais t'enfiler... Moi je suis ridicule habillé comme ça... Tu sais j'ai quand même l'air con en Manatane. Je suis avec un string dans le cul, avec tous ses vêtements j'ai l'air stupide, mais ça nous amuse, ça nous fait tellement rire de faire ça que ça ne nous gène absolument pas...

_ Je peux te dire que la Mutinerie, c'est quand même l'un de nos préférés.

_ Pour nous aussi, la Mutinerie est l'un de ceux qui nous font le plus rire, rien que le bruit du fouet... ( Ben fait le bruit en mimant le geste adéquat ) Et la gymnastique... Regarde bien, il est débile, il ne fait rien d'autre que de danser comme un crétin, donc c'est zéro, d'un point de vue écriture, on pourrait appeler ça niveau zéro, mais ça ne nous gène pas, on se prend pas suffisamment au sérieux pour dire, non, non, attends il faut de l'intello...
Et à coté de ça on en a quelques-uns qui sont très très bien écrits, et où tu te dis, il y a un fond et tout, dans chacun il y a à prendre et à laisser, il y a du caca dans Manatane mais ça fait partie de ce qui nous amuse aussi, et je trouve que dans les meilleurs trucs qui font rire c'est un peu de cet ordre là, t'as du très bon et t'as du lamentable, du navrant... Moi j'adore ce mot, c'est navrant...
Quand on nous dit, c'est tout de même navrant ce que vous faites, oui quelque part... Il y a une partie qui est navrante j'en conviens... :-)

_ En parlant de Manatane, d'où vous est venu l'idée ?

_ Canal+ est venu nous voir et nous a fait une proposition, à Pascal et à moi, on voulait faire quelque chose au départ sur un mec qui s'appelait M.Francis... Et c'était une espèce d'imbécile -c'était déjà sur les a priori- qui n'avait jamais voyagé mais qui avait autant d'a priori sur le monde... Si je te dis le Japon, t'auras tout de suite une image du Japon, alors on a proposé ça au départ et puis ça a été refusé parce que c'était trop violent...
D'ailleurs on l'a fait pour finir dans Manatane: quand il frappe le japonais, on l'avait réécrit, on voulait absolument voir un vieux japonais s'en prendre plein la gueule ! Ca nous emmerdait ce coté vieux japonais et leur science là... Enfin c'est pas que ça nous emmerdait mais ça te fait rigoler de te dire, tiens, une fois il va se prendre une bonne tripotée le japonais, parce qu'il frappe comme un dingue ! Tu sais, le culte du vieux qui fait du karaté...
Et donc c'est parti de là au départ, et ils nous ont demandés de changer, alors on a fait Jamais! au grand jamais!, ça c'était un peu dans l'urgence, parce que je tournais en même temps le film de Harel ( Les Randonneurs ) et on avait trés peu de temps. Mais on est trés fiers des textes, faut bien les reécouter, on s'est vraiment fendu la gueule à écrire ça. Et on voulait mettre en fait des vrais photos d'époque, on adore toutes ces photos décalées avec des gueules de con. Et en fait il y a beaucoup de droits à payer là dessus, c'était une emmerde invraisemblable pour piquer des photos dans Paris Match...
Et alors on a du refaire beaucoup de photos dont on est moins content, le photographe était trés bon mais ce n'était pas assez décalé. Tu remarqueras dans les Jamais! au grand jamais!, ce qui marque le plus c'est lorsqu'on a pu mettre de vrais photos d'imbéciles... Et alors à partir de là quand Canal nous a proposé de travailler pour Nulle Part Ailleurs, parce que ça c'était pour C'est pas le 20h. Là on en avait marre, et puis on m'avait tellement fait chié en me disant que ça ressemblait à Piéplu dans la voix... Il fallait changer.
Donc, on a gardé le fauteuil; il fallait lui trouver un nom... Manatane c'est venu pendant qu'on faisait Jamais! au grand jamais!. Je suis rentrer un jour en disant : " faites place à M.Manatane! ", c'est le premier nom qui m'est venu à l'esprit, on trouvait que ça faisait comme les mec qui veulent s'appeler John Martini, tu vois, Bill Cinzano, c'est vraiment des noms de faux heros... Et donc quand on a fait Manatane, on s'est dit qu'il fallait qu'il bouge, on en avait plein le cul, on voulait trouver un heros. Mais il faut dire qu'a l'époque où on a fait Jamais! au grand jamais!, la mode autant branchée seventies étaient pas encore aussi forte, parce que je me souvient, on a vu un clip de Blur, alors qu'on avait déjà fait l'habillage de Jamais! au grand jamais!, avec les lignes jaunes et tout, et il y a eu ce clip où il y avait trois bandes comme ça qui entouraient...
Ca existait pas, on est arrivé en plein dedant, on était top dans la mode, alors aprés quand on a fait Manatane, on voulait plus de références 70, ça nous gonflait, on voulait le garder intemporel, on se doute bien qu'il est kitch 60 mais on voulait plus de musique trop année 70. On voulait juste un coté décalé à la réalité, et en plus on riait tellement de Nadine de Rothschild ! C'est quand même elle notre plus grande influence, et en fait on a arrété Manatane quand est apparu Stephane Bern, parce que le fils de Manatane c'est lui, et quand on l'a vu en vrai, on a abandonné, il était plus fort que nous, il nous a battu à plate couture... On a beau se crever le cul pour chercher des trucs pour être trés con, lui, sans faire exprés, il apparait à l'image, il est débile ! On s'est dit, putain mais c'est Manatane, c'est incroyable, ça servait plus à rien de faire Manatane, il a ratrapper Manatane alors qu'on s'était dit : jamais ça n'existera un Manatane à la télé, et pourtant si, Il y en a un mon vieux...
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MessageSujet: Re: INTERVIEW   Sam 20 Mai 2006 - 19:47



C'est la vraie explication de l'arrêt de Manatane ?

_ Non, non, la vraie explication c'est qu'il faut s'arrêter quand on sent qu'on a plus rien à dire, et là on était fatigués, on en avait plein le cul... Il fallait arrêter, on allait se répéter ou faire n'importe quoi et ça c'est trop con. Et je pense qu'on a trés bien fait parce que je me rend compte que Manatane, ça va grandissant. Bon, la video, elle a été mal distribuée donc je vois plein de gens qui me disent qu'ils ne la trouve pas, et malgrés tout je vois pleins d'admirateurs de Manatane qui viennent me parler. Et j'ai un retour de la presse assez incroyable , on a jamais eu une critique négative sur Manatane, jamais ! Pourtant d'habitude à chaque truc que je fais on se fait un peu casser, et là, rien, Manatane c'est l'unanimité...

_ Et pourtant vous avez eu des problêmes avec Canal+...

_ Oui, parce qu'ils voulaient pas les distribuer au bon moment, ils nous ont mis en voie de garage sur le final. La video ils nous l'ont sortie n'importe comment. Mais en même temps on a bien fait d'arrêter, on était fatigués, on allait faire de la merde ! Une année en plus et on faisait de la merde. Et quand tu les revois maintenant tu te dis qu'on a vraiment bien fait. Et ça reste un bon moment à la télé...
Et Manatane reviendra ça je peux vous le dire, parce qu'on prépare un truc, il reviendra pas à la télé, mais on va faire un truc génial avec lui parce qu'on l'aime encore énormement, et on ne l'a pas encore épuisé.
Manatane nous appartient, c'est notre papa, c'est notre enfant, on l'adore pour des tas de trucs, tu peux pas savoir comme on l'adore... Et ce truc on se le regarde entre nous, Pascal et moi et le producteur Nicolas, quand on est bourré on se le remet et on rit comme des abrutis sur des phrases ! Et on est là : mon dieu qu'il est con mais qu'il est con ! Et je sais qu'on lui redonnera ses lettres de noblesses... Si tu veux, il dort, nous ce qu'on adore c'est l'imaginer, Manatane il peut grossir, je peux viellir de 10 ans, je peux devenir comme une énorme barique et dire: j'ai un peu dormi...
Manatane s'est endormi, et comme tu disais trés bien on pourrait faire une interview de Manatane où on imagine qu'il est enfermé quelque part, tu sais pas ce qu'il fait... il vit au loin, c'est ce que j'adore et en plus c'est vrai qu'il vit dans le coeur de pleins de gens, c'est un copain quoi...

_ Ouais, nous, il y a des fois lorsqu' on observe certaines situations, on se dit tiens qu'est-ce qu'aurait fait Manatane, qu'est-ce qu'il aurait pensé ?

_ Ouais, nous on fait la même chose... N'importe quel événement de la presse, tu regardes et tu te dis : Imagine toi Manatane dans un truc comme ça... c'est la catastrophe ! Ce type n'a aucun respect pour rien, il ne se rend compte de rien, c'est un abruti, partout où on est on s'amuse avec lui... D'ailleurs on parle comme Manatane dès qu'on est entre nous "car oui, en effet, bien entendu..." (Ben parle comme Manatane) Ce sont des trucs comme ça, ça nous fait tellement rire !
Et la langue, on adore travailler sur les bruits, plus on avance plus il parle n'importe comment, tu comprends presque plus rien à ce qu'il dit. Comme il grandit avec nous, les gens ne vont plus rien comprendre. Tu vois on peut encore faire tout ce qu'on veut, on va faire un truc trés long avec lui... On va faire un long métrage, il faut dire la vérité, on le prépare...

_ Tu le confirmes alors officiellement ?

_ Oui, on le confirme officiellement, On part d'ailleurs aux Etas-Unis, bon, pour le film de Benoit Mariage (Les convoyeurs attendent) mais on s'est donné rendez-vous, Pascal, Nicolas et moi, et on va travailler Manatane à Manathan... Alors ce sera pas le film hein, mais on veut travailler là pour être completement hors de notre contexte...

_ Cela risque d'être l'événement cinématographique de ce début de 21éme siècle !

_ Ah, mais de toute façon ça sera je crois le truc le plus imbécile de l'histoire du cinéma ! Là on pourra nous insulter, parce que j'en ai un peu marre, bon, parce que j'ai discuté sérieusement dans les autres interviews, et on a envie de faire un truc où ils pourront venir nous dire : c'est débile, c'est absolument idiot, c'est crétin... On dit oui, on sait, mais on le savait dès le départ, on a fait un truc absolument, somptueusement crétin, mais regardez bien vous verrez, ils vont bien s'amuser, et ça fait du bien de changer, on va faire vraiment du dépoté, ne chercher pas de logique, on va pas se faire chier, on veut le voir déconner à donf !

_ De quoi es-tu le plus fier ? professionellement d'abort...

_ Manatane je suis trés fier, avec Pascal je pense qu'on a fait un truc super, et en fait je suis fier de tout ce que j'ai fait, mais mes préférés restent quand même Manatane et Les convoyeurs...
Je suis trés fier de C'est arrivé... mais il y a une grande partie où je crois qu'on s'est pas rendu compte de ce qu'on faisait, mais je regrette absolument rien de ce que j'ai fait...

_ Mais, tu penses qu'il y a une évolution ?

_ Non... Une évolution par rapport à moi, qui est de prendre confiance. Je vois ça par rapport aux gens autour de moi, je rencontre des gens qui me parlent et qui me disent merci. C'est grâce à tous les remerciements que tu reçois, que tu te dis que tu parles pas dans le vide. Parce que Manatane, quoi qu'on en dise, c'est une goutte d'eau dans l'ocean de la télé, personne connait à par quelques rares initiés...
Mais ces petits noyaux là, sont des petits noyaux qui te permettent d'avancer, ce qui fait que les gens croient en toi, et qu'ils vont te faire confiance pour pouvoir faire autre chose, et c'est vachement important. Cela me permet de pouvoir vivre, de pouvoir rentrer en Belgique, comme je vis pas à Paris. J'ai pas choisi la facilité, tu sais, je pourrais faire beaucoup plus de films, le fait de refuser des films, fait que je ne peux pas vivre royalement non plus, donc je reste en Belgique, j'essaie de vivre modestement...
Mais je suis heureux, je ne me plains pas, mais c'est un choix que j'ai fait, parfois j'ai des doutes parce que je me dis, ça serait quand même plus facile si j'étais plus souvent à la télé, ou si je faisais plus de films, ma côte monterait plus vite, j'aurais plus de popularité, et j'aurais peut-être plus de faciliter à faire des films, à monter des projets...
Ca me fait plaisir quand les gens me disent : c'est bien, on est content, continuez... Alors bon je ne me sens pas du tout porte parole mais ça te donne du courage, au moins on déconne pas dans le désert, il y a quand même 3 ou 4 personnes qui rient... Parce que nous encore on a de la chance, par rapport à d'autres qui brament et qui restent méconnus.
Donc c'est le plus beau cadeau qu'on puisse me faire. A regretter, je ne regrette rien parce que je m'aperçoie que ce sont de petits pas, non pas pour progresser... Peut-être que si, tu progresses dans une confiance en toi, puis tu deviens plus rigoureux, tu fais plus n'importe quoi, et plus t'avances, plus les gens ne te pardonneront pas de te répéter, c'est pour ça que j'ai jamais fait un C'est arrivé 2, ni un tueur une deuxième fois... Ca va, c'est bon, j'ai fait ,je vais pas le refaire, les gens en même temps seraient en attente mais si tu le refais une deuxième fois ils te diront que tu tires sur le filon...

_ D'ailleurs il parait qu'aprés C'est arrivé prés de chez vous tu avais refuser tous les rôles avec fling...

_ Ouais, dès qu'il y avait un fling c'était non, catégoriquement non... Et puis c'etait par rapport aux gens, on en a fait un, c'est bon, moi je m'en fous des flings, et si je veux refaire un film trash avec des flings ça sera pour une bonne raison, pas pour me dire que, comme les gens me connaissent avec un fling, je vais me mettre avec un fling, ça les amusera...
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MessageSujet: Re: INTERVIEW   Sam 20 Mai 2006 - 19:48



_ Et donc, plus globalement, dans ta vie, de quoi est tu le plus fier ?

_ De m'être marié, je crois que c'est ça, d'avoir reussi au moins ça... Ouais, je suis content de mon mariage, parce que je suis un mec quand même assez instable, pas en terme de cul, mais à vivre, je suis assez angoissé;
Donc d'avoir reussi ça, je suis fier d'être équilibré à ce niveau là, c'est peut-être un des trucs dont je suis le plus fier... Mes amis adorent ma femme, elle s'est faite toute seule plein plein d'amis, et puis elle est apréciée, pas grâce à moi mais pour ce qu'elle est elle, et moi d'avoir reussi à m'entendre avec ses copains, tu vois...
Et puis je suis fier d'avoir rendu ma mère fière de moi... Ca je suis vachement content, ma mère est fière de moi, je le sens, et comme on a beaucoup ramer dans notre vie, je pense que sa plus grande éspérance était que ses enfants s'en sortent tous. Et je pense qu'elle est pas plus fière de moi que de mon frére, qui est militaire, cuisinier à l'armée, ni de ma soeur... C'est peut-être de moi qu'elle a le plus peur, elle est fière pour pleins de raisons, mais en même temps, elle se rend compte que j'ai un métier précaire. Je suis content d'avoir donner ça à ma mère, pour tout le chemin de croix qu'elle a faite pour nous tenir, parce qu'elle s'est battue toute seule pour nous tenir debout et je trouve qu'elle nous a bien réussi, et de lui rendre ça, moi j'en suis fier, je suis fier de pouvoir regarder ma mère sourire quand elle nous voie.




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Propos receuillis par Rren et G.rom pour Benontheweb, 17 septembre 1999.
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MessageSujet: Re: INTERVIEW   Dim 21 Mai 2006 - 13:08

whaou 13 0342 coeur2 merci53 biz

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MessageSujet: Re: INTERVIEW   Lun 5 Juin 2006 - 13:31



cinéma par Jean-Phi
Rencontre avec Benoît Poelvoorde
le 20 janvier à Bruxelles,
avant la sortie de son film « Du jour au lendemain » .


Il est pratiquement 13 heures ce lundi 20 février quand nous rencontrons l’acteur belge que les Français nous envient tant. Son nom ? Benoît Poelvoorde bien sûr !

Présent à Bruxelles dans le cadre de la promotion du film « Du jour au lendemain », réalisé par Philippe Le Guay et dont Poelvoorde est l’acteur principal, Ben m’accueille avec un chaleureux « Je suis là, je suis ton homme ».
Le film, qui sortira dans nos salles le 8 mars, raconte avec brio l’histoire d’un mec (François Berthier alias un Benoît Poelvoorde égal à lui-même, comprenez excellent) dont la vie change radicalement… du jour au lendemain.


Dans « Du jour au lendemain », votre personnage - François Berthier - est entouré de seconds rôles très colorés. Quel souvenir gardez-vous du tournage du film ?


Benoît Poelvoorde. De ce tournage-là ? J’ai tourné le film l’été dernier. J’ai le souvenir d’un tournage assez épuisant et fatigant parce qu’en fait, si on regarde bien le film, comme on doit jouer plusieurs fois les mêmes situations, on passait parfois une journée entière à faire une sortie de lit. En effet, le principe du film, c’est quand même l’histoire d’un mec qui, du jour au lendemain, voit sa vie s’améliorer. Il fallait donc répéter les situations et c’était assez emmerdant à faire. Par exemple, la scène de la machine à café, j’en ai fait énormément de versions : la version où elle marche, la version ou elle ne marche pas… La difficulté, c’était qu’il fallait continuer à évoluer avec le personnage. Donc c’était gai à jouer mais c’était compliqué.


Yann Moix dit avoir écrit « Podium » pour vous à la virgule près. On a un peu le sentiment que Philippe Le Guay a fait de même avec « Du jour au lendemain »…


B.P. Oui, c’est vrai, mais je sais pourquoi. En fait, il y a un point commun avec Yann Moix. Il y a un scénariste sur le film de Le Guay qui est le même scénariste que le scénariste de « Podium », bien que Yann ait travaillé avec ce scénariste au départ sur « Podium » pour finalement travailler tout seul. Mais la base est faite par Dazat (NDA : Olivier Dazat, coscénariste des films « Podium » et « Du jour au lendemain »). Par contre après, quand j’ai fait le film de Le Guay, c’est le scénariste qui m’a proposé le scénario et ensuite, il m’a présenté le réalisateur. Donc j’ai d’abord lu une première version qui était, on va dire, une bonne première version parce qu’en général, il y a énormément de versions pour un scénario, mais qui n’était absolument pas aboutie. Après ça, j’ai rencontré le réalisateur et le scénariste, qui me connaît excessivement bien. J’ai fait plusieurs films avec lui et il a tendance, on va dire, entre guillemets à savoir à peu près les films qui vont me convenir ou moins me convenir. Oui, c’est marrant que vous ayez dit ça, c’est curieux oui…


Êtes-vous d’accord si je vous dis que votre interprétation de Berthier est par moments Jim Carreyienne ?


B.P. On me l’a dit, oui, pour plusieurs raisons, bien qu’il fasse plus de grimaces que moi ! Mais cette comparaison est surtout due au type de sujet. C’est-à-dire que c’est un sujet qui paraît complètement irréaliste parce Jim Carrey fait beaucoup de films qui tiennent en une idée.


Donc par exemple, si on prend le nôtre ici, le film tient en une idée : « Et qu’est-ce qui, se passerait si du jour au lendemain, votre vie allait mieux ? ». C’est un peu ça… C’est-à-dire un type qui du jour au lendemain voit sa vie basculer. C’est typiquement le genre de comédie à l’américaine. D’ailleurs, ils ont fait l’affiche comme ça si vous regardez bien. On me l’a dit pour ça parce qu’ils m’ont dit : « on veut une affiche qui ressemble aux affiches avec Jim Carrey, c’est carré… ». Carré, c’est le cas de le dire. C’est marrant, vous êtes pertinent !


Le film nous amène à nous pencher sur notre recherche du bonheur. François Berthier dit que « le bonheur, c’est une décision qu’on prend ». Vous le rejoignez là-dessus ?


B.P. Oui, sur la quête frénétique du bonheur des gens ! Là-dessus, je ne suis pas d’accord, non. Moi, je ne suis pas d’accord avec les idées du film. Je trouve que le film est drôle. Mais je ne partage pas la vision du réalisateur.
C’était ça qui rendait le film intéressant. C’est de se dire que je comprends une partie de ce qu’il dit ; après, chacun a une vision du bonheur. C’est un sujet universel. Je ne crois pas que ce soit aussi simple de dire « Le bonheur, c’est une décision qu’on prend ». Je pense que c’est plus complexe. Il y a des gens qui naissent du mauvais côté de la barrière et je ne pense pas qu’ils aient pris la décision de vivre de ce côté-là. Je pense donc que c’est plus complexe, mais c’est un truc qui se défend. Chaque fois que les gens me parlent de ce film, le discours s’oriente assez souvent sur le bonheur parce que le bonheur, comme on dit, on le reconnaît au bruit qu’il fait quand la porte se referme. Quand il est parti. Quand on l’a perdu. C’est quelque chose de philosophique. On ne sait pas ce qu’est le bonheur. Est-ce qu’il est avant ? Est-ce qu’il est après ? Est-ce qu’il est pendant ? Hier, je regardais un film qui s’appelle « Contrôle », dans lequel une bonne-femme : disait « Le bonheur, je regarde un moment à gauche, dans ce qu’il s’est passé ; parfois je regarde à droite, dans ce qui est à venir et en fait je finis par loucher. » En fait, il vaut mieux regarder au milieu. Mais c’est la difficulté hein… Mais c’est ce qui faisait aussi l’intérêt du film, c’est de savoir que chacun peut réfléchir à comment il ou elle se positionne. François Berthier, dans le film, c’est quelqu’un qui a peur du bonheur en fait. Mais les gens n’ont pas peur du bonheur. D’ailleurs, on est plutôt dans une période où les gens font une quête frénétique du bonheur, cherchent à tout prix. Et à force de toujours le chercher, on finit par ne jamais être dedans parce qu’on cherche sans cesse. Alors que parfois, il est devant nous et on ne le voit pas.


François Berthier se considère mi-Lendl mi-McEnroe... Et vous, fifty-fifty aussi ?


B.P. Lui, il ne se considère pas mi-Lendl mi Mc-Enroe, c’est son copain qui dit qu’il faut qu’il soit Lendl… Oui, c’est juste, il dit « fifty-fifty », mais c’est parce qu’il ne sait pas quoi répondre. Mais c’est vrai, c’est tout à fait ça ! À mon avis, il est plutôt du côté de celui qui préférera ne pas prendre de cours de tennis, de peur d’avoir l’air ridicule. Parce que c’est vraiment ça… François Berthier, il a peur de tout. Quand il dit à un moment, au début du film, « le monde m’agresse », c’est un dépressif quoi quelque part. C’est quelqu’un qui dit : « j’ai rien demandé ». Donc le sujet, il est drôle parce que c’est quelqu’un qui dit « j’ai rien demandé et on m’offre le bonheur et après je ne suis pas capable de vivre avec ». Donc quand il dit « fifty-fifty » pour en revenir à votre question, c’est encore une fois quelqu’un qui aurait préféré qu’on ne lui pose pas la question. Parce que dès que tu dois te situer, tu es obligé de t’engager. Dès que tu t’engages, tu as plus de risques d’être malheureux. En fait, c’est quelqu’un qui ne veut pas s’engager. Donc tu préfères dire « ne me donnez pas le choix, c’est plus simple ».

Depuis « Le boulet », d’aucuns vous considèrent comme un acteur « bankable ».
Dans « Du jour au lendemain », vous portez à bien des égards le film du début à la fin. Acceptez-vous cette étiquette d’acteur « bankable » et si oui, estimez-vous recevoir davantage de scénarios intéressants depuis « Le boulet » ?


B.P. Non, ce n’est pas depuis « Le boulet ». Alors, l’acteur « bankable », ça ne veut rien dire. Là, je viens de voir que dans « Le Figaro », ils viennent de faire paraître les acteurs qui demandent beaucoup d’argent et tout ça et j’ai expliqué que Depardieu n’était plus crédible avec le prix qu’il demandait. Il vaut toujours mieux ne pas être dans le truc du Figaro, quand ils donnent les caprices des acteurs ! Mais ça ne veut rien dire être « bankable », absolument rien. Parce qu’en fait, c’est paradoxal ce que je viens de dire, mais ce n’est pas l’acteur qui détermine si le film va marcher, c’est le goût du public. Vous avez des cas de figure extrêmement rares mais ils sont annotés, c’est-à-dire qu’il faut attendre 25 ans. Vous avez « Les bronzés ». Là, c’est sûr, c’est « bankable ». Mais ce n’est sûr que c’est « bankable » que par rapport à l’envie du public. Vous pouvez être l’acteur que le public adore et tout, s’il n’a pas envie de voir ce type de film maintenant, ni ce type d’histoire, vous l’avez dans le cul (sic). Ce n’est pas l’acteur qui est « bankable », c’est le rapport que le public a avec l’acteur mais ça, ce n’est pas vous qui le déterminez. Mais même le public peut vous adorer et vous dire « vous avez très bien marché dans " Podium " » et ne pas avoir envie de vous voir après en François Berthier. C’est justement parce qu’il y a des inconnus que le cinéma continue à exister comme ça. Sinon ce serait horrible, on saurait exactement les gens qui marchent et les gens qui ne marchent pas et on ne laisserait pas de chance à ceux qui n’ont pas encore été découverts.


Vous venez de tournez « Cow boy » de votre ami Benoît Mariage ? Hormis « Astérix et les jeux olympiques », quels sont vos projets et où en est votre envie de passer à la réalisation avec « Les inutiles » ?


B.P. Alors là, je suis un peu à la traîne. Normalement, je devais sortir le film de Nicole Garcia (NDA : « Selon Charlie ») avant celui-ci parce que je l’ai tourné avant mais ils veulent le sortir plus tard. Après, j’ai fait le film de Le Guay, puis celui de Benoît Mariage, que je vais voir demain (NDA : le 21 février). Je vais enchaîner sur « Astérix » au moins de juin. C’est un tournage très long parce que j’ai un rôle assez important, celui du méchant. Et juste après, j’enchaîne encore un autre film, qui s’appelle « Les deux mondes », une comédie assez drôle et j’en ai encore un troisième pour l’été prochain donc j’ai un peu arrêté. Et normalement comme vous dites, je devrais me mettre à l’écriture mais le problème, c’est que je déménage. Je reste en Belgique et dans le Namurois et suis en train de faire des travaux. Donc là où je devrais être en train d’écrire, je suis en train de me taper des travaux ; je retape une maison. Ca, c’est du concret



Quand ces lignes seront publiées, la cérémonie des Césars aura déjà livré son verdict. De quel œil voyez-vous votre deuxième nomination au César du meilleur acteur pour votre prestation dans le film d’Anne Fontaine ?


BP. Déjà, je peux vous le dire à l’avance, je ne l’aurai pas, parce que je parierais sur Romain Duris. Pour « Podium », j’y suis allé en me disant que j’avais une chance parce que je continue de dire que la comédie est assez difficile à faire et que j’avais vraiment mouillé le maillot. J’y suis allé en me disant que j’avais une chance et beaucoup de gens me disaient que j’avais une chance. C’est ce que les gens disent hein, ce que vous entendez qui compte. C’est des trucs d’odeurs quoi. Quand je dis que je le sais déjà à l’avance, on ne connaît pas les résultats à l’avance hein, je rassure tout le monde. Mais c’est une sorte de feeling. Autant j’y suis allé avec « Podium » en ayant déjà commencé à penser à un discours. Ici, je dis la vérité, vraiment, je meurs si je mens, j’y vais en sachant que j’ai perdu. Mais je m’en fous, je suis nommé et pour moi, c’était vraiment un cadeau parce que pour ce film-là, ce n’était pas évident. Pour « Entre ses mains », je n’aurais jamais pensé que les gens allaient





En outre, votre partenaire dans ce film, Isabelle Carré est elle aussi nommé au César de la meilleure actrice, tout comme Anne Consigny, qui joue votre femme dans « Du jour au lendemain »…


B.P. Oui, et qu’on soit nommé ensemble, c’est bien. C’est marrant. J’ai du cul hein ! Ca a été dur pour moi de voter parce qu’il y avait Anne Consigny avec qui je venais de faire ce film et avec qui je m’entends vraiment super bien.


Il y a justement une certaine ressemblance entre ces deux actrices…


B.P. Oui, on me colle souvent avec des femmes discrètes. Donc dans les nominations il y avait Isabelle, Anne et il y avait Nathalie Baye que j’adore parce que j’adore ce qu’elle a fait dans « Le petit lieutenant » donc il a fallu que je vote. (NDA : Isabelle Huppert et Valérie Lemercier étaient également nominées au César de la meilleur actrice, pour leur interprétation dans « Gabrielle » et « Palais royal ! » respectivement) et ça, c’était dur. J’ai eu du mal pour le vote de la meilleure actrice.
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MessageSujet: Re: INTERVIEW   Lun 5 Juin 2006 - 13:33

SUITE........... Wink

Vous jouez fréquemment des rôles de loosers, de personnages qui ont, comme vous dites, des failles. Berthier passe quelque part du statut de looser à celui de winner. Vous propose-t-on parfois des rôles de winners et si oui, pourquoi avoir refusé jusqu’ici de les interpréter ?


B.P. D’abord, je trouve que les personnages de winners sont extrêmement emmerdants. En général, s’il y a un mec qui gagne du début à la fin, ça te fait chier. Alors soit, c’est quelqu’un qui gagne parce qu’il perdait au début. À ce moment-là, c’est un looser qui gagne et il y a une justice. Mais les gagnants… D’abord, je ne crois pas que je serais très crédible parce que je n’y croirais pas moi-même. Je ne crois pas aux gens qui gagnent tout le temps et je les trouve assez emmerdants. Je trouve que les personnages qui réussissent ont quelque chose d’assez fatigant en soi. Il y a une phrase très belle d’Orson Welles qui dit « Le cinéma ne s’intéresse pas aux trains qui arrivent à l’heure. » C’est un peu ça quoi. On aime bien les personnages qui n’arriveront pas à l’heure et qui ne sont pas du côté de ce qu’on définira « gagnant » ou « perdant ». C’est pour ça que je n’aime pas le mot « looser ». Parce qu’en fait, ils nous ressemblent davantage et j’ai plus de vécu dans le côté « failles ». Je trouve ça plus intéressant et enrichissant à réfléchir parce qu’ici, ce qui est intéressant dans le film, c’est justement de se dire qu’il passe par cinq étapes. C’est pas un looser, c’est un gentil qui n’a pas de bol. Quand on regarde bien toutes les choses qui lui arrivent dans la vie, ça arrive à tout le monde dans la vie donc on ne peut pas dire que les gens sont des loosers. Son sac poubelle s’ouvre au moment où il est devant l’ascenseur. Les gens l’insultent, ne lui disent pas bonjour quand il dit bonjour. Il pleut quand il sort du métro, son patron t’engueule alors qu’il a essayé de bien faire. Bon, c’est pas vraiment un looser. C’est un mec à qui on donne l’occasion de contrôler sa vie. Et parfois, on n’en a pas envie. D’ailleurs, c’est ce qu’il dit dans le film. Pour être plus global par rapport à ta question, j’ai toujours aimé les personnages qui nous ressemblent. Parce que souvent, on me rétorque la question en me disant que j’ai réussi plein de choses mais je ne suis pas d’accord avec ça, les choses n’étant pas aussi manichéennes. On a l’impression qu’on réussit une chose et puis on échoue sur un autre truc. Ca dépend où on met ses ambitions en fait. Selon les ambitions et l’orgueil que l’on a… ou les rêves que l’on a en fait… Parce que très souvent, les gens se trompent sur ce que l’on envisage vraiment dans la vie. On se fait une idée ou on montre une image différente… On n’ose pas dire ce dont on a vraiment besoin en fait parce qu’on a tellement peur que cela s’en aille. On ne peut pas résumer sa vie uniquement au travail. Bien sûr, je pense que le rapport amoureux passe avant tout. D’ailleurs, c’est très important dans le film de Philippe [Le Guay]. Le rapport amoureux est très important : avec qui on partage sa vie… François Berthier, il est malheureux parce qu’en fait sa femme le quitte, si on y réfléchit. Là, il vit seul dans un appart, il bouffe sa pizza tout seul… S’il était heureux avec sa femme, tout se passerait bien. Parfois, on se dit qu’il nous manque si peu de choses pour être heureux, mais on n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Donc je préfère jouer ces mecs qui cherchent que ces mecs qui ont trouvé.

Pourquoi avoir refusé de jouer dans le premier « Astérix » (NDA : il avait décliné la proposition d’interpréter le personnage de Lucius Detritus, finalement attribué à Roberto Benigni) et accepté de tourner dans les troisièmes aventures des personnages de Goscinny et Uderzo, « Astérix aux jeux olympiques » ?
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MessageSujet: Re: INTERVIEW   Lun 5 Juin 2006 - 13:34

SUITE....................

B.P. Il y a deux raisons. Je trouve que le scénario du troisième est beaucoup plus drôle que le premier. Personnellement, je n’avais pas trop aimé le scénario du premier. Et deuxièmement, je sortais du film de Benoît Mariage (NDA : « Les convoyeurs attendent ») quand on m’a proposé « Astérix ». Il y a des films qui sont plus proches de vos préoccupations dans l’instant où vous les vivez. Au moment où j’ai fait le film de Benoît Mariage, c’était un film très important pour moi parce que ça parlait d’un milieu social qui était le mien, ça parlait d’un papa, quelque chose de très important dans ma vie. Quand Berry m’a proposé « Astérix », c’est ce que je lui ai dit. Je n’avais pas envie de faire ce film-là. Je n’arrivais pas à passer à autre chose. J’avais envie de rester dans cette atmosphère. D’ailleurs, j’ai mis beaucoup de temps à tourner un autre film après « Les convoyeurs attendent ». J’ai fait « Les portes de la gloire » après parce que c’était un scénario que j’avais écrit, qui était plus proche de quelque chose qui me touchait, des gens qui ont du mal… Il y a des films que vous n’avez pas envie de faire. Il faudrait plus me demander pourquoi j’ai accepté « Le boulet ». J’avais envie de faire ce genre de film-là à ce moment-là. J’étais prêt à faire des films plus légers. Mais après « Les convoyeurs », j’étais complètement dans des films plus dramatiques et le problème, c’est qu’on ne m’a pas proposé de films dramatiques. On m’a proposé « Le vélo », mais je l’ai co-écrit. « Les portes », je l’ai co-écrit aussi. C’est simplement à partir d’« Entre ses mains » que maintenant je commence à recevoir des rôles plus dramatiques. Comme le film de Nicole [Garcia], qui est plus dramatique, et où on me fait plus confiance en se disant que je suis davantage capable d’interpréter des personnages plus dramatiques. Comme le film de Benoît, celui que je viens de faire – « Cow boy » - qui est beaucoup plus dramatique. Il sera drôle mais ce sera un drame, c’est l’histoire d’un homme qui tombe. Mais c’est ma maturité aussi qui me permet de jouer ce genre de rôles. Je suis plus vieux. J’ai 41 ans. C’est le temps que moi je capte l’instant et j’ai tellement eu peur du ridicule…


Mais tout le monde a peur du ridicule…


B.P. Tout le monde, c’est vrai. Mais on n’ose pas le dire en fait. Mais quand j’ai fait « Entre ses mains », j’avais une telle peur d’avoir l’air con. Donc j’apprends en fait. C’est pourquoi j’ai accepté de tourner dans cet « Astérix » parce que je suis content de ce que j’ai fait dans le film de Nicole. Et même pour « Du jour au lendemain », il y avait des séquences, si je n’avais pas fait le film de Nicole Garcia ni le film de Benoît - parce que c’est Benoît qui m’a appris à dire qu’on peut pleurer à l’image, moi j’aurais jamais osé – et bien je n’aurais jamais osé faire certaines scènes dans le film de Philippe Le Guay parce qu’il y a des trucs où tu te dis « mais moi, je ne fais pas ça ; ça ne m’intéresse pas… » Je suis très pudique pour certains trucs. Il y a des choses qui me bloquaient, le fait de dire certaines choses… C’est moins vrai aujourd’hui. Je pense que tous les acteurs te diront pareil : ils apprennent. Et c’est comme ça qu’on apprend.


Selon moi, vous n’êtes jamais meilleur que dans ce que vous écrivez. Je pense à « C’est arrivé près de chez vous » dans une certaine mesure mais surtout à « Jamais au grand jamais », aux « Carnets de Monsieur Manatane » et au film « Le vélo de Ghislain Lambert »…


B.P. Ah oui ! C’est gentil, vous connaissez bien ce que j’ai fait. En réalité, j’ai écrit « Les portes de la gloire » avec le même mec avec qui j’ai écrit « Jamais au grand jamais » et « Les carnets de Monsieur Manatane ». Je comprends ce que vous voulez dire mais c’est une question de temps, c’est une question de disponibilité. Je suis d’accord avec ce que vous dites. En même temps, je garde l’énergie d’écrire pour moi. « Les inutiles », ça fait maintenant trois ans que je m’y suis mis.
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MessageSujet: Re: INTERVIEW   Lun 5 Juin 2006 - 13:35

SUITE ET FIN. Smile

Ca avance lentement donc mais ça aboutira malgré tout bel et bien sur quelque chose de concret alors ?


B.P. Oui. Et en plus, plus tu grandis avec les films, plus tu vois les choses que tu ne veux plus faire ou pas faire. Je pense que je suis dans une tranche d’âge où il faut chercher beaucoup. J’ai eu une grande discussion il y a deux jours (NDA : le 18 février) avec Bacri et Lindon (NDA : ils figurent, à l’instar de Benoît Poelvoorde, au casting de « Selon Charlie », dont la sortie sur nos écrans est prévue pour le 23 août) - vous verrez ça dans « Première » - où on n’est pas du tout d’accord sur la manière dont on envisage les rôles. Moi, je suis dans une période de ma vie où je me dis que j’ai envie d’en faire beaucoup pour en apprendre beaucoup sur moi. Eux ne sont pas d’accord avec moi sur ce point. Ils disent qu’il faut sélectionner. Il faut arrêter de sacraliser ! Ensuite, le rapport au public joue un rôle important. Si le public ne veut plus te voir, il ne veut plus te voir. Moi, j’essaie d’entretenir avec les gens qui vont me voir un rapport presque de camaraderie. Je leur demande de me dire si c’est bien ou pas bien. Je cherche quoi… Je n’ai jamais dit que j’avais des réponses en fait. Je cherche et j’essaie de bien faire. Quand j’écris pour moi… Il faut bien savoir que « Manatane » et tout ça, ce n’est qu’après que ça a eu du succès. Parce qu’au début, les gens pigeaient que dalle ! Faut bien admettre que quand on a commencé à écrire « Monsieur Manatane » - les deux premières années, on passait à la fin de « Nulle part ailleurs » - les gens ne pigeaient pas. Ils disaient : « Mais qu’est-ce que c’est que ce truc de cons ? ». Et c’est parce qu’il y a eu internet… On a sorti une cassette vidéo. La première cassette vidéo de « Monsieur Manatane » qui est sortie, ça ne s’est pas du tout vendu. Je crois qu’on a du en vendre 1 000. Ca n’intéressait personne donc on s’est dit qu’il fallait se faire une raison ! Et ce n’est qu’après que les gens ont assimilé le truc. Canal ne voulait pas ressortir cette cassette et nous non plus en fait, on s’en foutait complètement ! Ce n’est que trois-quatre ans plus tard qu’ils m’ont appelé pour me dire qu’ils aimeraient bien ressortir « Monsieur Manatane » et faire l’intégrale. Je leur ai dit que je pensais sincèrement que ça n’intéresserait pas grand monde et donc que je m’en foutais de faire un DVD en plus. Je ne vais pas beaucoup sur le net et c’est un copain à moi qui m’a dit : « Mais t’es fou, va sur le net, ils se filent les trucs, ils les copient et tout ça. » Donc on est allé voir sur le net et c’est vrai qu’il y avait des aficionados. C’est vraiment le public qui a déterminé qu’il voulait voir « Manatane ». Donc en fait, je n’ai fait aucune promo pour « Manatane ». J’ai fait une seule télé. J’ai refusé de faire de la promo en disant que c’était pour les aficionados qu’on sortait le DVD et donc que je m’en foutais. Et on en a vendu 150 000 ou un truc comme ça, par rapport à 1 600 au départ. Mais ça reste un truc destiné aux spécialistes quoi, pour les purs ! Je veux dire qu’on a fait plus d’entrées avec des films qui paraissent pour d’autres beaucoup plus légers. Mais tu vois, « Le boulet » fait 3 600 000 entrées ; « Podium » fait 4 millions. Mais tu feras 500 000 avec « Les portes de la gloire ». Mais pour l’argent qu’il a coûté… « Les convoyeurs » rapportera plus d’argent que « Le boulet » par exemple. Mais il faut se situer dans les choses… C’est-à-dire que si jamais je propose « Monsieur Manatane » au cinéma, mais t’as zéro hein ! Les gens vont dire qu’ils ne comprennent pas, qu’ils ne voient pas très bien où on veut en venir. Tu ne pourras pas faire du prime time avec « Monsieur Manatane ».


Vous êtes sûr ?


B.P. Maintenant, d’accord. Mais il a fallu attendre cinq ans que le public des aficionados dise qu’il voulait avoir « Monsieur Manatane » en DVD. Mais je connais plein de gens qui ne comprennent pas « Monsieur Manatane ». Ma mère, par exemple. Elle va adorer un Philippe Le Guay, je sais qu’elle va adorer ce film-là. Mais elle ne comprend pas très bien « Monsieur Manatane ». Enfin, je veux dire, un mec qui bouffe sa merde… un mec qui encule les enfants (sic)… Elle ne comprend pas super bien, ça ne la fait pas rigoler quoi. Le viking qui arrive avec des cornes… Elle ne comprend pas… Quelqu’un m’avait dit cette phrase magnifique concernant « Monsieur Manatane » : « Ca doit être plus gai à faire qu’à regarder ». Moi, je respecte ça. Mais c’est très compliqué de se positionner par rapport à des trucs comme ça.

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MessageSujet: Re: INTERVIEW   Lun 5 Juin 2006 - 13:37

j'adore ce dessin Laughing

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MessageSujet: Re: INTERVIEW   Lun 5 Juin 2006 - 13:40

nous aussi............... cheers .....moi j'ai le même........... cheers

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MessageSujet: Re: INTERVIEW   Lun 5 Juin 2006 - 13:53

c'est vrai en plus dans le couloir Laughing

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