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 L'AUTRE DUMAS.

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BENGI*
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MessageSujet: L'AUTRE DUMAS.   Dim 20 Avr 2008 - 13:30

D'après une pièce écrite par:
Cyril Gely et Eric Rouquette





Safy Nebbou va réaliser un film ,,,
Avec Benoît Poelvoorde,

Gérard Depardieu.

Production : 2008
Titre Original : Signé Dumas • Pays : France


Après le film de Patrick Leconte "la guerre des Miss", Benoit Poelvoorde enchainera avec "Signé Dumas". Il donnera la réplique à Gérard Depardieu dans ce film réalisé par:

Safy Nebbou.

Acteur, Réalisateur, Scénariste, Adaptation de
Acteur et metteur en scène de théâtre, Safy Nebbou commence sa carrière de cinéaste en signant à l'orée des années 2000 une série de courts métrages en basque, dont Bertzea est remarqué et salué. S'attachant à décrire le monde de l'enfance, le réalisateur filme alors dans Le Cou de la girafe une petite fille de 9 ans partant avec son grand-père, interprété par Claude Rich à la recherche de sa grand mère prétendument décédée. C'est ensuite un épisode de la jeunesse de Bergman que s'attache à décrire le cinéaste dans le recueil Enfances.
né à Bayonne au milieu du Pays Basque, ma mère est d’origine allemande
et mon père est un berbère d’Algérie. le 27 avril 1968.




Synopsis:

Février 1848, Alexandre Dumas est à son apogée. Il s'est retiré quelques jours dans l'immense château qu'il fait construire à grands frais. Là, il travaille avec son collaborateur Auguste Maquet. Si c’est Dumas qui signe, la besogne abattue par Maquet est colossale. Pourtant, depuis dix ans, il est resté dans l’ombre du grand homme et n’a jamais contesté sa suprématie. Ils forment un couple, liés par un intérêt commun: le travail. Mais ce couple, en dépit des apparences, est bien plus complexe qu'on ne le croit. Car, quand éclate une querelle entre les deux hommes, une question cruciale se pose : quelle est la part exacte de l'un et de l'autre dans cette grande réussite? Lequel des deux est le père de d'Artagnan et de Monte-Cristo? Bref: qui est l’auteur? Leur relation, si paisible jusqu'ici, passe de l'alliance au doute, hésite, puis bascule dans l'affrontement, alors que non loin de là, à Paris, se prépare une révolution qui scellera définitivement le sort de la monarchie..

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Dernière édition par BENGI* le Jeu 17 Sep 2009 - 12:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: L'AUTRE DUMAS.   Dim 20 Avr 2008 - 13:33

Cyril Gely et Eric Rouquette :
«Nous ne jugeons ni Dumas, ni Maquet»




Eric Rouquette et Cyril Gely sont le co-auteurs de la pièce de théâtre Signé Dumas, créée en 2003. Eric Rouquette est né en 1964. Après avoir suivi les cours de l’Ecole Supérieure d’Art Dramatique de la Ville de Paris, il fonde la compagnie Batala. Ses mises en scène incluent des auteurs contemporains comme Harold Pinter ou Vaclav Havel, et des créations comme Sous les jupes des filles de Clotilde Badal. Il est également l’auteur de plusieurs pièces, dont On solde! créée en 2000 au Théâtre Daunou.

Cyril Gely a d’abord étudié le commerce et l'ingénierie financière, avant d’intégrer l'école de la rue Blanche, section comédien. Il a publié deux romans: La traversée aux Editions Spengler et Le cercle de pierre aux Editions Anne Carrière. Il a également été lauréat de la bourse du Centre National du Livre.


Pourquoi avoir choisi d'écrire une pièce sur les relations entre Alexandre Dumas et Auguste Maquet?

Cyril Gely: Je lisais il y a quelques années Les Trois Dumas d'André Maurois. C'était bien avant le battage médiatique sur l'entrée au Panthéon. Au cours de cette lecture, j'ai découvert l'existence d'Auguste Maquet, ses relations intimes avec Dumas, et le procès qu'il lui fit en 1858, et qu'il perdit par manque de preuves. L'idée d'une révolte du nègre s'est imposée. Une révolte en paternité des œuvres. C'était un très beau sujet (renforcé par l'affrontement de deux hommes liés par l'intérêt commun, au physique et au caractère si différents), sujet au combien actuel. Qui est l'auteur? Nous n'avons pas voulu prendre parti pour Dumas ou Maquet, laissant aux spectateurs la possibilité de choisir.

Eric Rouquette: Lorsque nous nous sommes concertés pour choisir ensemble un sujet de pièce, l’idée de traiter de la relation entre Alexandre Dumas, illustre écrivain, homme de lumière, bon vivant prenant la vie par tous les bouts, et son collaborateur Auguste Maquet, homme discret, voire étriqué, m’a séduite. La perspective de donner vie et humanité à ces deux personnages que tout oppose, et de les révéler l’un à l’autre, était très excitante. J’y ai vu la possibilité de travailler la montée d’un conflit dramatique, qui partant d’un état de fait apparent, à savoir l’ascendant de Dumas sur Maquet, basculerait progressivement vers la remise en cause totale de cet ascendant.

On peut vivre et travailler quotidiennement avec quelqu’un pendant dix ans, et le méconnaître. La surprise constante, éprouvant l’un et l’autre, comme un ingrédient nécessaire du conflit dramatique, trouvait là un terrain très favorable. Suivant l’adage bien connu «à chacun sa vérité», la surprise n’est que le résultat de l’ignorance et du malentendu. Et quand elle survient, la surprise aiguise la curiosité, devient cause de révélations, et amène au paroxysme de la confrontation. S’agissant de Signé Dumas, on parle aujourd’hui volontiers de «révolte du nègre». C’est surtout la relation Dumas-Maquet qui est en révolte, et qui a besoin de ce grand déballage pour trouver un nouveau souffle. Le fil à suivre et à ne pas lâcher à l’écriture était bien celui qui conduit à cette finalité: «Entre ces deux hommes-là, plus rien ne sera comme avant».

La thèse défendue par votre pièce est que Dumas et Maquet étaient indissociables dans la production de leur oeuvre commune, ce que Maquet explique fort bien en affirmant à Dumas que sans lui, il est fini. Mais dans la réalité, les deux hommes ont poursuivi chacun son oeuvre après leur séparation, avec les résultats que l'on connaît. Le jugement porté par la postérité sur les capacités créatrices des deux écrivains n'est-il pas très différent du vôtre?

Cyril Gely: Il faut d'abord bien comprendre que Signé Dumas n'est pas une pièce à thèse. Nous n'en défendons aucune. Si Maquet pense, en effet, qu'il est indissociable de Dumas, ce dernier ne le croit pas et lui rétorque à la fin "l'histoire donnera à chacun sa place". Nous n'avons jugé ni l'un ni l'autre, ni pris parti pour l'un des deux. Ce que nous avons dépeint c'est la relation intime entre deux hommes, relation qui passe de l'alliance à l'affrontement.

Eric Rouquette: La pièce ne prétend pas être la démonstration d'une vérité cachée, elle est d'abord une fiction, où chacun des deux personnages vit d'une façon personnelle une relation complexe, aussi bien humainement qu'artistiquement. Ce que Maquet dit et pense est forcément subjectif, et largement contredit par ce que dit et pense Dumas. Lorsque Maquet se décrète écrivain - et on peut le comprendre - il ne fait que révéler une part d’ego que Dumas ignorait de lui. Lorsque Dumas lui répond qu'il n'en est pas un, en faisant allusion aux tentatives malheureuses de Maquet, il se défend à son tour et l'humilie volontairement. Qui a raison? Qui a tort? Chacun agit avec ses armes, elles sont destinées à faire mal et dépassent parfois la pensée. Comme le dit Maquet à propos de la révolution qui sévit à cet instant-là: nous sommes à un moment où chacun cherche à sauver sa peau. N'est-ce pas la plus simple illustration de la querelle qui anime les deux hommes?

Pouvez-vous réellement prétendre que votre pièce ne prend pas parti? Dans la mesure où les places respectives de Dumas et Maquet sont assez clairement établies dans l'histoire de la littérature, placer les deux hommes sur un plan d'égalité comme vous le faites, n'est-ce pas de toutes façons aller contre l'idée admise selon laquelle Dumas était le créateur et Maquet le collaborateur?

Cyril Gely: Non, encore une fois notre pièce ne prend pas parti. Du reste vous le dites vous-même: nous avons placé les deux hommes sur un même plan d'égalité. Par ailleurs, les spectateurs en sortant de la pièce, ont tous envie de relire Dumas. N'est-ce pas là la meilleure preuve que nous n'avons jugé ni l'un ni l'autre?

Eric Rouquette: Effectivement, si certains spectateurs désavouent Maquet, et considèrent «exagérés» ses arguments, les mettant sur le compte de la rancœur et de la jalousie, d’autres lui reconnaissent une légitimité en regard du comportement de Dumas à son égard. Les uns soutiennent Dumas, les autres Maquet, ce qui veut bien dire que nous, auteurs, n’avons pas pris parti, et que la pièce répond à l’une de ses vocations premières: laisser à chacun la liberté de se faire sa propre interprétation. Quant aux idées admises, en voici une autre: il n’est jamais gênant de les bousculer un peu.

Vous campez un Dumas plein de vie et d'énergie, qui correspond bien à l'image qu'en ont souvent donnée ses contemporains et ses biographes. Mais dans le cas de Maquet, on sait beaucoup moins de choses. Le portrait que vous tracez de lui s'appuie-t-il sur des recherches poussées, ou bien est-il largement imaginaire, correspondant à la nécessité artistique de mettre en scène le caractère le plus opposé possible à celui de Dumas?

Eric Rouquette: C’est un peu le mélange des deux. Les différents ouvrages que nous avons consultés nous décrivaient un Maquet discret, organisé, maniaque dans ses gestes, mais aussi prudent, frileux, orgueilleux. Une mise toujours impeccable, une certaine angoisse du lendemain , d’où son grand souci d’économie – il mourra très riche - une fidélité conjugale – une seule liaison connue - une sorte d’attitude «aristocrate»… Tout ses traits concordant à l’élaboration d’un personnage que l’on pouvait presque naturellement opposer à Dumas, ce qui était notre volonté. Notamment dans la description de leur relation, où nous nous sommes amusés à les confronter sur les petits détails de la vie quotidienne, donnant parfois l’occasion à Dumas de se moquer de cet homme qui ne lui ressemblait pas. Mais nous ne savons évidemment pas si cet homme était capable du venin dont il accable Dumas à la fin de la pièce.

Cyril Gely: Le caractère de Maquet décrit dans Signé Dumas s'appuie à la fois sur la réalité et sur notre imaginaire. Nous souhaitions qu'il soit (du moins dans la première partie) le pôle opposé de Dumas, afin qu'il puisse se révéler et sortir de ses gonds dans la seconde. Maquet était prêt à beaucoup de concessions vis-à-vis de Dumas, ce qui ne l'a pas empêché de se révolter contre lui en 1858.

Vous avez écrit Signé Dumas en collaboration. Cette expérience a-t-elle influé sur votre description de la relation Dumas-Maquet? Avez-vous le sentiment qu'il peut y avoir collaboration littéraire sur une base parfaitement égalitaire? Ou bien dans le tandem Gely-Rouquette, y a-t-il un Dumas et un Maquet?

Cyril Gely: Notre collaboration sur Signé Dumas a été la plus égalitaire qui soit. Nous avons écrit ensemble cette pièce de la première à la dernière ligne. Et jamais cette collaboration n'a influencé le tandem Dumas-Maquet. Heureusement, sinon la pièce n'aurait pas tenu debout. L'auteur n'est pas le personnage. Entre Eric et moi, il n'y avait pas un Dumas et un Maquet, mais deux auteurs qui écrivaient sur Dumas et Maquet.

Eric Rouquette: Votre question est triple, je réponds donc dans l’ordre.

1 – Non. Il est impossible d’avoir cette distance. Nous étions concentrés sur notre sujet, et notre présent était celui de l’histoire que nous racontions. Non le nôtre. Il n’y pas de gouffre entre nos caractères respectifs, au contraire de Dumas et Maquet. Et nous n’avons jamais travaillé l’un sans l’autre. Et puis Dumas signait seul, et la pièce parle des problèmes relationnels que cette situation provoque. Entre Cyril et moi, aucun problème relationnel. Nous signons tous les deux.

2 – Oui. De la même façon qu’il peut y avoir collaboration musicale, scénographique ou cinématographique. J’ai d’ailleurs également vécu l’expérience d’une co-mise en scène, et ça s’était très bien passé. En fait, c’est une question de personnes. Il faut que les deux collaborateurs se complètent, et qu’ils se mettent naturellement au service de la même cause. Ils trouvent ainsi dans le travail un rythme commun. La concentration s’en trouve augmentée. L’exigence aussi, la remise en question est permanente. D’ailleurs, lorsque j’écris seul, il y a souvent une petite voix qui me dit: «Es-tu sûr que tu fais le bon choix?». C’est un réflexe qui me vient de ma collaboration avec Cyril.

3 – Non. Nous ne sommes pas des personnages de théâtre!

Propos recueillis par Patrick de Jacquelot.

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MessageSujet: Re: L'AUTRE DUMAS.   Dim 20 Avr 2008 - 13:56



Première représentation de la pièce: le 16 juin 2003 au Festival d'Anjou.

Création: le 12 septembre 2003 au Théâtre Marigny à Paris.


Dumas est-il l’auteur de ses livres? Auguste Maquet, qui fut son principal collaborateur et participa à la rédaction de ses plus grands chefs d’œuvre romanesques, des Mousquetaires à Monte-Cristo, n’a-t-il pas joué un rôle au moins aussi important qui lui dans la conception de leurs œuvres communes? Ces questions sont posées depuis que Mirecourt fit scandale en publiant, en 1845 son pamphlet au vitriol Fabrique de romans: Maison Alexandre Dumas et Cie. Et la consécration suprême qu’a représenté l’entrée de Dumas au Panthéon en novembre 2002 n’empêche pas, semble-t-il, les interrogations sur la paternité de son œuvre de persister, comme en témoigne cette nouvelle pièce.

Signé Dumas est pour l’essentiel un duo entre les deux écrivains. L’action se situe en 1848. Les deux hommes travaillent à l’adaptation théâtrale du Comte de Monte-Cristo. Dumas déborde d’énergie, d’enthousiasme. Il dicte ses instructions à Maquet, en s’interrompant pour évoquer ses projets d’aménagement du Château de Monte-Cristo, la patronne d’un restaurant du coin avec qui il vient de «faire la sieste», ses problèmes d’argent, etc…

Maquet, besogneux, prend note, risque une remarque ou deux, se fait rabrouer… C’est alors que l’on apporte aux deux hommes la nouvelle du début de la Révolution de 48. Dumas s’attend à une régence de la duchesse d’Orléans et dicte à Maquet une proclamation de soutien à cette dernière, dont il espère qu’elle le fera ministre.

Mais Maquet a pressenti, lui, que la Révolution ne s’arrêtera pas au renvoi de Louis-Philippe et s’inquiète: il veut dissuader Dumas de publier un texte qui, en cas d’avènement de la République, mettrait en danger sa position – et donc par contrecoup celle de son collaborateur.

Dumas prend très mal cette rébellion et le ton monte vite. Il traite de plus en plus Maquet en domestique et celui-ci, à bout d’humiliation, explose. Dès lors, tout y passe: Maquet se revendique comme associé à parts égales avec Dumas, qui ne voit en lui qu’un simple secrétaire. Dumas veut le mettre dehors: Maquet lui réclame alors l’argent qui lui est dû, puis parle de procès.

S’échauffant de plus en plus, et révélant, sous des dehors effacés, une certaine dose de mégalomanie, il affirme qu’il prouvera devant les tribunaux qu’il est lui, Maquet, le véritable et seul auteur de leurs œuvres communes. Dumas sera déshonoré et totalement ruiné…

Dumas commence par prendre ces menaces à la légère, mais s’affole quand Maquet lui révèle qu’il a gardé toutes les étapes successives de leurs travaux sur les Mousquetaires, datées et authentifiées devant notaire, prouvant qu’il en est le véritable auteur. Dumas lui répond en une belle tirade sur les rapports qu’il entretient avec ses lecteurs et les places respectives que leur réservera la postérité (lire extrait ci-dessous).

La rupture est consommée. Mais arrive alors la nouvelle de l’instauration de la République. Le projet de proclamation de Dumas n’a plus lieu d’être, le danger est écarté. Maquet revient et reprend son travail.


Très enlevée, la pièce se lit – et surtout se regarde, admirablement servie lors de sa création par Francis Perrin dans le rôle de Dumas et Thierry Frémont dans celui de Maquet – avec beaucoup de plaisir. Les dumasiens fervents peuvent certes trouver à y redire. L’attitude ouvertement méprisante de Dumas envers Maquet ne correspond pas forcément à la réalité, non plus que son dédain proclamé pour les républicains de 1848. Un élément anecdotique – mais crucial dans l’intrigue puisque c’est la seule chose qui fasse vraiment peur à Dumas – n’est pas avéré non plus : le fait que Maquet aurait fait enregistrer devant notaire toutes les étapes de ses travaux.

Surtout, la thèse implicite de l’ouvrage, selon laquelle les deux hommes formaient un tout indissociable et étaient tous deux essentiels à la réalisation de leurs œuvres, est des plus discutables. Dans la réalité, les deux écrivains ont continué leurs productions après leur séparation, avec les succès respectifs que l’on sait.

La pièce n’est cependant nullement manichéenne et ne reprend en rien les thèses absurdes de Mirecourt et consorts. Le face à face des deux hommes dans leurs relations habituelles, pendant la première partie de la pièce, est des plus savoureux. Et leur affrontement pose d’intéressantes questions sur les notions de paternité d’une œuvre littéraire. Il est d'ailleurs à noter que les deux auteurs présentent leur oeuvre comme une fiction qui s'intéresse aux rapports entre Maquet et Dumas, sans volonté de les juger (voir l'interview qu'ils nous ont accordée).



Extrait

MAQUET
(…) Dès que je franchis le seuil de cette porte, vous êtes seul, submergé. D’ici une semaine, la parution de Bragelonne est suspendue. Et face au désastre, vous n'aurez plus qu'une chose à faire, Dumas: vous arrêter.

DUMAS
M'arrêter?

MAQUET
Oui. Vous arrêter. Mettre un terme à votre carrière. D'ailleurs, vous êtes en fin de course. Il est peut-être temps, non?

DUMAS
Salaud! Jamais je ne m'arrêterai.

MAQUET
Vous êtes déjà à l'arrêt. Il n'y a que moi qui vous maintienne à la surface. Regardez-vous. Ah! Vous faites votre âge tout d'un coup! C'est la glissade qui commence! La glissade vers la vieillesse, la déchéance, la misère... La misère et la mort...

DUMAS
Salaud! — Les deux hommes se regardent un court instant. Puis Maquet enfile sa gabardine. Il commence ensuite à rassembler des papiers — Salaud! Vous êtes ignoble. Vous me dégoûtez... Vous n'êtes pas un homme, Maquet. Vous êtes un monstre... Un monstre... Oui. Je peux mourir, seul si vous voulez, ruiné peut-être. Qu'est-ce que ça peut me foutre! Allez-y, Maquet! Tuez-moi si ça peut vous faire plaisir! Votre crime ne peut pas me porter atteinte. Jamais... J'ai déjà légué tant de richesses à tous ceux qui me lisent. — I1 va à la bibliothèque et montre ses ouvrages — Il y a longtemps que tout ça leur appartient. — Il ouvre un livre — Quand ils ouvrent un de ces livres, savez-vous ce qu'ils y trouvent, Maquet? Mon cœur. Le mien. Je peux mourir, oui. Mon cœur va continuer à battre, lui, pendant des siècles. Où est votre cœur, Maquet? Où est-il? Pas entre ces pages! Ni dans cette bibliothèque! Il n'est nulle part. Vous n'en avez pas. Vous ne savez pas ce que c'est que de donner. Donner avec son cœur. Et vous ne le saurez jamais. Vous voyez ce livre, eh bien je touche celui qui le lit. Et en retour j'en suis aimé. — Il referme le livre — Et quand il le referme, je fais partie de sa vie. Pour toujours. Moi et moi seul. Il n'y a que ça qui compte. Voilà l'unique raison de cette œuvre. Voilà ce qui fait que j'en suis l'auteur. Et peu importe les moyens, peu importe qu'on sache que j'ai eu besoin d'un Maquet...

MAQUET
On le saura.

DUMAS
Eh bien, faites-le savoir. Faites-le. Ça ne changera rien. On ne vous aimera pas pour autant. Vous pouvez faire tous les procès que vous voulez, je vous assure que l'histoire donnera à chacun sa place. Vous avez devant vous Alexandre Dumas. Le seul. Dans cent ans, dans deux cents ans, on ne retiendra que celui-là. — Il va vers Maquet et lui prend fermement la main — Touchez sa main, touchez son front, touchez son nez... Son portrait est reproduit à des centaines d'exemplaires. Sa stature est taillée dans la pierre... — Il l'emmène vers la fenêtre — Venez par-là. Vous voyez le dessus du perron? C'est lui qu'on y verra bientôt. C'est moi. Moi seul. Vous croyez être Dumas? Mais regardez-vous. Regardez-moi et regardez-vous. Faites la différence. Vous verrez ce que je suis vraiment, ce que tout le monde voit... Vous voulez me ruiner? Mais l'argent, je le flambe sitôt rentré. L'argent, c'est des dettes, et ça ne sert à rien d'autre qu'à construire des légendes. Vous voulez que je vende mon château? Mais mon château, Maquet, même vendu, il m'appartiendra toujours. Les pierres sont là. Chacune d'entre elles est marquée de mon sceau, de mon empreinte. Elles offriront toujours la trace de mon existence. De mon existence, Maquet. Pas de la vôtre... Partez maintenant... Partez... Ce soir, vous retournerez dans le ruisseau, vous rentrerez dans le rang des assistants contrariés, des plumitifs. C'est tout ce que ça vous rapportera. Et si par miracle, plus tard, dans une page littéraire de quartier, un chroniqueur vous évoque, ce sera pour palabrer sur les ratés, sur les scribouillards, sur les nègres...


96 pages
Les Impressions Nouvelles - 2003 - France
Pièce de thêatre

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MessageSujet: Re: L'AUTRE DUMAS.   Ven 23 Mai 2008 - 21:43

(Recherche Guy merci53 )

POELVOORDE ET DEPARDIEU SIGNENT DUMAS.

Gros succès théâtrale entre 2003 et 2004, Signé Dumas va être adapté au cinéma par le réalisateur Safy Nebbou, après son film Le cou de la girafe.
A l'époque, Francis Perrin et Thierry Frémont tenaient le haut de l'affiche; ils seront respectivement remplacés par Gérard Depardieu et Benoit Poelvoorde. Les deux comédiens se retrouveront donc, après s'être croisés sur la méga production réalisée par Thomas Langmann et Frédéric Forestier, Astérix aux Jeux Olympiques, où l'un jouait le gaulois Obélix et le second, Brutus, fils de César.
L'histoire de Signé Dumas raconte les querelles entre Alexandre Dumas (auteur des Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte Cristo, etc...) et son nègre, Auguste Maquet.






L'action se situe en 1848. Alexandre Dumas, alors à son apogée, s'est retiré dans son château. A ses côtés, Maquet l'aide dans son travail. Ils préparent ensemble leur prochain livre : Le comte de Monte Cristo. Maquet écrit tout ce que lui dicte son maître. Mais un désaccord au sujet de la Révolution qui gronde, et les deux hommes finissent par se lancer leur quatre vérités au visage, après dix ans de collaboration sans le moindre nuage. Le ton monte; Maquet finit par menacer Dumas d'aller devant les tribunaux et de révéler aux yeux de tous qu'il est le seul et unique auteur de leurs oeuvres communes. Mais finalement, quelle est la part exacte de l'un et de l'autre dans cette grande réussite? Lequel des deux est le véritable père de d'Artagnan ? Bref : qui est l'auteur?
Leur relation, si paisible jusqu'ici, passe alors de l'alliance au doute, avant l'affrontement final...

Le film est actuellement en projet. Une grande confrontation d'acteurs en perspective...

GB pour [img]L'action se situe en 1848. Alexandre Dumas, alors à son apogée, s'est retiré dans son château. A ses côtés, Maquet l'aide dans son travail. Ils préparent ensemble leur prochain livre : Le comte de Monte Cristo. Maquet écrit tout ce que lui dicte son maître. Mais un désaccord au sujet de la Révolution qui gronde, et les deux hommes finissent par se lancer leur quatre vérités au visage, après dix ans de collaboration sans le moindre nuage. Le ton monte; Maquet finit par menacer Dumas d'aller devant les tribunaux et de révéler aux yeux de tous qu'il est le seul et unique auteur de leurs oeuvres communes. Mais finalement, quelle est la part exacte de l'un et de l'autre dans cette grande réussite? Lequel des deux est le véritable père de d'Artagnan ? Bref : qui est l'auteur?
Leur relation, si paisible jusqu'ici, passe alors de l'alliance au doute, avant l'affrontement final...
Le film est actuellement en projet. Une grande confrontation d'acteurs en perspective...


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MessageSujet: Re: L'AUTRE DUMAS.   Sam 24 Mai 2008 - 11:59



Ses proches
Auguste MAQUET
l'indispensable « nègre »


Le principal des nombreux collaborateurs de Dumas, Auguste Maquet (1813-1886) a été souvent utilisé par les ennemis de l'écrivain pour appuyer la thèse selon laquelle « Dumas n'écrivait pas ses livres ».

Le fait est que Maquet a joué un rôle important dans la rédaction des principaux chefs d'œuvre de Dumas, depuis la série des Mousquetaires jusqu'à celle de La Reine Margot, en passant par Monte-Cristo. Il n'en demeure pas moins que son rôle apparaît clairement circonscrit : après une élaboration conjointe du plan d'un roman, Maquet se chargeait des recherches historiques nécessaires et rédigeait un premier jet, à partir duquel Dumas écrivait ensuite le texte que l'on connaît.

Après des années de collaboration fructueuse, la relation des deux hommes s'acheva sur un procès, en raison des sommes dues par Dumas à Maquet. Les œuvres propres de ce dernier ne sont pas passées à la postérité.

A voir sur le site Internet du cimetière du Père-Lachaise: une photo de la tombe de Maquet, accompagnée d'une notice biographique.


Arrow http://www.pere-lachaise.com/perelachaise.php?lang=

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MessageSujet: Re: L'AUTRE DUMAS.   Mar 27 Mai 2008 - 20:33

ça tourne !!!!!!!!!!!!


Depardieu et Dumas... et de trois !

Gérard Depardieu et Benoît Poelvoorde incarneront Alexandre Dumas père et son nègre dans "Signé Dumas", l'adaptation cinématographique de la pièce de théâtre éponyme.
On peut parler d'une longue histoire d'amour entre le comédien français Gérard Depardieu et le prolifique écrivain Alexandre Dumas Père. Après avoir interprété Porthos dans L'Homme au masque de fer et surtout le comte de Monte-Cristo dans la minie-série éponyme, notre Depardieu national va incarner le romancier lui-même dans l'adaptation cinématographique de Signé Dumas, la pièce de théâtre créée au théâtre Marigny par Cyril Gely et Eric Rouquette en 2003. Le long métrage retracera les rapports complexes entre l'auteur des Trois Mousquetaires et de la Reine Margot et son nègre, Auguste Maquet, ce dernier étant campé par le Belge Benoît Poelvoorde. On retrouvera à la réalisation Safy Nebbou (Le Cou de la girafe, le segment Ingmar Bergman dans le récent Enfances).






Réalisateur Safy Nebbou


Acteur,réalisateur, scenariste



Safy Nebbou a d´abord été comédien et metteur en scène de théâtre



Safy Nebbou a réalisé quatre courts métrages, dont deux en langue basque "Lepokoa" et "Bertzea".



2001 Fougere de bronze au festival international de films de court-métrage "Bidasoa)et attribué au film « Bertzea » de Safy Nebbou, produit par les Films de la Chouette (Paris) pour avoir su capter la beauté du paysage et les réalités de la vie rurale



2003 Safy Nebbou réalise son premier long métrage "Le cou de la girafe",le scénario a été écrit par Safy Nebbou avec Danièle Thompson et le film est produit par Charles Gassot ,au générique l'actrice Sandrine Bonnaire, Claude Rich et Darry Cowl .



Filmographie

Films et Séries TV | Films uniquement | Séries TV uniquement
Acteur Rôle

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Le Cou de la girafe (2004), de Safy Nebbou Le chauffeur de taxi
Réalisateur

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Signé Dumas (Prochainement)

L'Empreinte de l'ange (2008)

Enfances (2008)
Ce film est projeté dans 25 salle(s)

Le Cou de la girafe (2004)

Pédagogie (1997)
Scénariste

--------------------------------------------------------------------------------

L'Empreinte de l'ange (2008), de Safy Nebbou

Le Cou de la girafe (2004), de Safy Nebbou

Pédagogie (1997), de Safy Nebbou
Adaptateur

--------------------------------------------------------------------------------

Enfances (2008), de Yann Le Gal
Ce film est projeté dans 25 salle(s)




Acteurs
Alexandre Dumas Gérard Depardieu
Auguste Maquet Benoît Poelvoorde


Scénario
Scénariste Cyril Gely
Eric Rouquette


Synopsis

Février 1848, Alexandre Dumas est à son apogée. Il s'est retiré quelques jours dans l'immense château qu'il fait construire à grands frais. Là, il travaille avec son collaborateur Auguste Maquet. Si c'est Dumas qui signe, la besogne abattue par Maquet est colossale. Pourtant, depuis dix ans, il est resté dans l'ombre du grand homme et n'a jamais contesté sa suprématie. Ils forment un couple, liés par un intérêt commun: le travail. Mais ce couple, en dépit des apparences, est bien plus complexe qu'on ne le croit. Car, quand éclate une querelle entre les deux hommes, une question cruciale se pose : quelle est la part exacte de l'un et de l'autre dans cette grande réussite? Lequel des deux est le père de d'Artagnan et de Monte-Cristo? Bref: qui est l'auteur? Leur relation, si paisible jusqu'ici, passe de l'alliance au doute, hésite, puis bascule dans l'affrontement, alors que non loin de là, à Paris, se prépare une révolution qui scellera définitivement le sort de la monarchie...

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MessageSujet: Re: L'AUTRE DUMAS.   Sam 6 Sep 2008 - 13:04

TOUTLECINE.COM

Benoît Poelvoorde face à Depardieu dans Signé Dumas
Face aux rumeurs qui ont circulé sur son dernier projet Signé Dumas, Safy Nebbou persiste et signe. « Benoît Poelvoorde n'abandonne pas et ne revient pas, parce qu'il n'est jamais parti. » (lire l'interview). Le cinéaste a profité de la promotion de son Empreinte de l'ange pour évoquer son projet d'adaptation de la pièce de théâtre éponyme. Il s'agira de mettre l'accent sur la dimension tragique qui unissait l'écrivain Alexandre Dumas à son nègre Auguste Maquet.



Gérard Depardieu a accepté immédiatement d'endosser le rôle de l'écrivain. « Forcément, on pense à Depardieu, parce qu'il y a un truc immense entre lui et Dumas. » Pour incarner Auguste Maquet, Safy Nebbou a de suite été attiré par la dimension tragique de Benoît Poelvoorde, après l'avoir vu incarner avec brio cet homme à la dérive dans Entre ses mains. « L'idée est de tourner ce film caméra à l'épaule, je m'interdis les plans de rue, je veux être près dans les personnages, dans leur dynamique, et éviter toute reconstitution historique. »



Co-écrit par Gilles Taurand et Safy Nebbou, ce Signé Dumas bénéficie d'un budget de 11 millions d'euros. Dominique Blanc et Catherine Mouchet complètent le casting.


Le tournage commencera le 13 février 2009.



Par Laure Croiset (12/08/2008 à 11h27)

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MessageSujet: Re: L'AUTRE DUMAS.   Jeu 7 Jan 2010 - 16:22


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MessageSujet: Re: L'AUTRE DUMAS.   Jeu 7 Jan 2010 - 17:04


Le match des génies
Leur rencontre fascine. Depardieu et Poelvoorde sur un même plateau. La gargantualité de l'un, la faconde de l'autre. L'émotion et la fantaisie, elles, sont des deux côtés. Le désordre et la déprime aussi. Le goût pour les émotions fortes idem et parfois les alcools de même teneur. Hommes entiers, mais fragiles, ils viennent de passer douze semaines de bonheur ensemble.

Gérard Depardieu incarne l'écrivain, populaire s'il en fut, Alexandre Dumas. Noceur, jouisseur. Une star vénérée du Tout-Paris. Benoît Poelvoorde a hérité du "mauvais rôle", le sel pourtant de cette fantaisie en costumes réalisée par Safy Nebbou. Le génie de Namur campe Auguste Maquet, de dix ans le cadet de Dumas. Maquet, le déférent, le besogneux, l'oublié de nos livres de français, qui fut cependant l'ami de l'écrivain. Son nègre surtout. Avant de se retourner contre lui et réclamer une partie de son dû. Et de la gloire. Les Trois Mousquetaires ou La Reine Margot furent quelques-unes des ?uvres que Dumas conçut, mais dont Maquet fut l'ouvrier.
Avec le scénariste Gilles Taurand (grandi dans le sillage d'André Téchiné), le jeune réalisateur Safy Nebbou s'est appuyé sur cette base historique, mais a pris les libertés d'usage pour construire un film mêlant histoires d'ego, d'amour (avec Mélanie Thierry et Dominique Blanc) et Histoire tout court (la Révolution de 1848) autour d'une aventure purement littéraire. "C'est le point de vue de Maquet sur Dumas qui m'a intéressé. Auguste Maquet avait du talent à l'évidence, mais Alexandre Dumas avait du génie. Et puis Maquet a eu peur d'avoir peut-être raté sa vie. La mise en perspective dépassant le simple portrait, elle m'autorisait à construire une farce tragique", explique le cinéaste. Une référence? "Oui, car comment ne pas s'être laissé imprégner par le regard de Salieri sur Mozart tel que l'avait imaginé Milos Forman dans Amadeus", ajoute-t-il.
"Peut-être même sommes-nous devenus amis?"
Le scénario est adapté d'une pièce créée il y a quelques années à Marigny par Francis Perrin et Thierry Frémont. La semaine dernière, les deux auteurs du texte, Cyril Gely et Eric Rouquette, étaient deux figurants parmi une centaine d'autres dans la scène ultime qui représentait un extravagant bal masqué. Ainsi paradaient-ils, enturbannés, babouches aux pieds, dans les allées du château de Chambly, dans le Val-d'Oise, où ont eu lieu les prises de vues. Mélanie Thierry joue une admiratrice de Dumas, que Maquet convoite et piège. La jeune comédienne vient de vivre un début d'année euphorique. Une nomination aux molières, un enfant, jusqu'à se retrouver aujourd'hui entre Poelvoorde et Depardieu. "Moi qui suis tellement timide, qui n'entre pas forcément dans leur sarabande entre deux scènes, j'ai l'impression que je dois les crisper parfois. A deux, ils sont terribles, tonitruants, infatigables. Pour la concentration, je reconnais que ce n'est pas toujours idéal", dit-elle dans un sourire un peu las.
Benoît Poelvoorde n'avait fait que croiser Depardieu sur le plateau d'Astérix 3 en 2006. Il était Brutus et Depardieu Obélix, mais très peu de scènes à se mettre sous la dent ensemble. Benoît se souvient surtout d'avoir broyé du noir dans sa chambre d'hôtel pendant ce tournage pharaonix et sans fin. "Ici, on a pris notre temps. On a bu, on a mangé, on a parlé, jusque tard parfois. On a ri. Et, allez savoir, peut-être même sommes-nous devenus amis?"
Gérard Depardieu a visiblement retrouvé le tonus et l'envie, arrivant sur le plateau texte su. Pas une antisèche à l'horizon. Il y a peu, notre colossal acteur recensait avoir tourné 200 films dont une part importante ("150") de "bouses". Celui-ci comptera à coup sûr dans les 50 qu'il sauve de sa filmographie. "Le texte m'a intéressé, l'entreprise est belle. Alors oui, j'ai accepté de faire des lectures avant de commencer." "Maintenant, prends bien note de ce que je vais te dire: ici, sur ce plateau, il n'y a que de l'amour entre nous. [Il tape sur son ventre comme sur un tambour.] De l'amour! Hein mon Benoît? Hein mon Safy!" Autour de lui, son rire sonore fait des vagues, gagne chacun dans son coin. Marc de Bayser et Frank Le Wita sont les producteurs de Signé Dumas. Les mêmes qui avaient imaginé, à raison, que les derniers jours de Mitterrand feraient un bon film pour Guédiguian, Le Promeneur du Champ de Mars.
Sortie 10 Fevrier 2010.

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MessageSujet: Re: L'AUTRE DUMAS.   Jeu 14 Jan 2010 - 1:35




Safy Nebbou présent au Royal de Biarritz
samedi 16 pour l'avant-première de 'L'autre Dumas'.


''L'autre Dumas'', mais le même Safy Nebbou
Ramuntxo Garbisu - 12/01/2010 | eitb.com |
De retour au Pays Basque pour l'avant première samedi à Biarritz

de son nouveau film réunissant Gérard Depardieu et Benoît Poelvoorde,
le réalisateur nous a confié ''son immense plaisir''.


Après "Le Cou de la Girafe" en 2004 puis "L'empreinte" en 2008, le réalisateur Safy Nebbou, natif de Bayonne (Pays Basque nord), sera présent samedi 16 janvier à 21h au Cinéma Royal de Biarritz pour présenter en exclusivité l'avant-première de son nouveau film, "L'autre Dumas".
Prévu dans les salles à partir du 10 février, ce film d'époque réunit un casting de poids, avec Gérard Depardieu dans le rôle de l'homme de la lumière, Alexandre Dumas, et Benoit Poelvoorde dans celui de l'homme de l'ombre, son "nègre", Auguste Maquet.
"Le nombre de gens qui m'ont pris pour un dingue quand j'ai annoncé le casting m'a peut-être perturbé dans la préparation du film", confie avec le sourire Safy Nebbou, "mais, très vite, j'ai éprouvé un immense plaisir, des premières lectures avec les acteurs aux premiers jours du tournage !".
"Un immense plaisir"

Confinés depuis trop longtemps sans doute dans des rôles trop anémiés, ces deux monstres du cinéma se sont totalement investis dans cette comédie dramatique mettant en scène l'auteur et son alter-ego invisible face à la part exacte de l'un et de l'autre dans cette immense réussite littéraire, tandis que, non loin de là, à Paris, se prépare une révolution qui scellera définitivement le sort de la monarchie française.
Et très vite, sont apparues les premières certitudes.
"Les deux acteurs avaient envie de jouer ensemble, dans ce genre de récit, et ils m'ont tout de suite donné une véritable place de metteur en scène. Cela m'a sans doute permis de poser la structure cinématographique de mes films précédents, mais peut-être plus décomplexée, je me suis plus lâché, comme eux ont accepté de lâcher prise et de donner la pleine mesure de leurs immenses talents".
Après un tournage de huit semaines ("le plus court de toute ma carrière !"), la même impression persiste.
"J'ai pris un immense plaisir et, au moment où le film va sortir, je sens que rien ni personne ne pourra m'enlever ça", confie Safy, "et je suis peu à peu en train de réaliser que j'ai fait un film avec Gérard Depardieu !", s'esclaffe celui dont les premières armes avec le Théâtre des Chimères dans sa prime jeunesse ne sont pas si loin..

Le chef op du Prophète dans l'aventure avec Safy Nebbou

"C'est un film d'époque, une première pour moi, mais le travail avec Stéphane Fontaine, chef opérateur sur Le prophète de Jacques Audiard, s'est articulé rapidement sur un travail de caméra à l'épaule, pas de grue, pas de travelling sur rails, pour restituer l'intensité dramatique de cet affrontement", déclare-t-il.
"Le thème de L'autre Dumas est celui de l'imposture littéraire, dans un contexte historique mouvementé, mais rien, du début du projet à sa réalisation, n'a jamais orienté le film vers une notion de biopic !", précise bien Safy Nebbou.
Comme par "capilarité affective" avec certaines oeuvres qui l'ont touché, de "Amadeus" de Milos Forman au somptueux "L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford" d'Andrew Dominik, le résultat final lui semble très proche du but recherché, "un film nourri de cinéma, porté par des acteurs pris en flagrant désir de se débarrasser de leurs habitudes de jeu également".

La route de Safy Nebbou passe par Biarritz, et ne s'arrêtera pas la...
Après cette toute première projection du film à Biarritz (suivie le dimanche d'une autre projection au nouveau Sélect de St Jean de Luz), le réalisateur sait qu'il passera quelques semaines de-ci de-là pour la promotion du film, de plateaux télé en salles de cinéma.
Et qu'il se confrontera au désir du public de se laisser surprendre, "même si le style du film n'est pas tant éloigné que ça de mes films précédents".
Il le fera avec le même sourire et la même disponibilité que lorsqu'il était venu présenter son premier long-métrage qui l'avait révélé, Le cou de la girafe, en 2004.
Et il le fera également sans impatience, de nouvelles feuilles blanches se noircissant peu à peu d'un nouveau scénario : la magie de ces instants n'ayant pas décidé de s'estomper, Safy Nebbou est ressorti de ctte expérience "avec encore plus d'envie de faire du cinéma !"...

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MessageSujet: Re: L'AUTRE DUMAS.   Jeu 14 Jan 2010 - 1:52



L'Autre Dumas > Casting et Equipe Technique
Le casting complet de "L'Autre Dumas" , classé par métier :
Réalisation, Acteurs, Production, Activités sociétés, Scénario, Equipe Technique, Distribution
Film distribué par UGC Distribution
Réalisation

Safy Nebbou

Acteurs, rôles, personnages

Gérard Depardieu
Rôle : Alexandre Dumas





Benoît Poelvoorde
Rôle : Auguste Maquet



Mélanie Thierry


Dominique Blanc



Catherine Mouchet


Michel Duchaussoy


Production

Producteur Frank Le Wita
Producteur Marc de Bayser

Activités sociétés

ProductionFilm oblige
ProductionUGC
ProductionFrance 2 Cinéma

Scénario
Distribution

Distributeur FranceUGC Distribution

SORTIE SALLE 10 FEVRIER 2010.

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MessageSujet: Re: L'AUTRE DUMAS.   Jeu 14 Jan 2010 - 2:10



Auguste Maquet
Lithographie de C. Faber, 1847.



Auguste Maquet, né à Paris le 13 septembre1813 et mort à Sainte-Mesme (Seine-et-Oise) le 8 janvier1888,
est un romancier et auteur dramatique français, connu surtout pour sa collaboration avec Alexandre Dumas.

Aîné de huit enfants, Maquet naquit à Paris, rue Quincampoix, dans un famille aisée. De 1821 à 1830, il fut un brillant élève du lycée Charlemagne, où il eut pour condisciple Théophile Gautier et Gérard de Nerval[1] et devint, à dix-huit ans, un professeur suppléant très remarqué. Docteur ès-lettres, il se destinait à l'enseignement, mais poussé par une irrésistible vocation vers la littérature indépendante, il abandonna l'Université vers 1835. Quelques poésies fort appréciées, quelques nouvelles écrites dans les journaux le mirent en rapport avec les jeunes écrivains de cette féconde époque.
Fort lié avec Théophile Gautier, il fit partie des Bousingos, le groupe des Romantiques de la seconde génération, sous le nom d’Augustus Mac-Keat, et composa quelques essais avec Gérard de Nerval. C'est par ce dernier qu'il fit la connaissance d'Alexandre Dumas en décembre1838. Il lui remit Le Bonhomme Buvat, nouvelle sur la conspiration de Cellamare que La Revue des Deux Mondes avait refusée et qui donna Le Chevalier d'Harmental. Alors commença cette collaboration fameuse qui dura jusqu'en 1851 et mit en quelques années Auguste Maquet sur le chemin de la renommée.
Entraîné dans le désastre financier de son collaborateur, Auguste Maquet attaqua Dumas en justice d'abord pour impayé, et ensuite pour récupérer ses droits d'auteur sur les œuvres qu'il avait écrites en collaboration avec Dumas. Il s'en expliqua lors des audiences du 20 et 21janvier1858 devant le tribunal civil de la Seine. Il fut considéré comme un simple créancier, et moyennant la somme de 145 200 francs payables en onze ans, il perdit le fruit d'un travail inouï en renonçant à mettre son nom à côté de celui d'Alexandre Dumas sur tous les livres qu'ils avaient écrits ensemble.
Auguste Maquet fut pendant plus de douze années président de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques. Officier de la Légion d'honneur depuis 1861, il mourut le 8 janvier1888 dans son château de Sainte-Mesme, gagné, comme il le disait gaiement, avec sa seule plume. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Maquet simple collaborateur ou «nègre» ?

La part d'Auguste Maquet dans la collaboration qui l'unit à Alexandre Dumas a fait l'objet d'importantes discussions. Eugène de Mirecourt, qui révéla l'emploi de collaborateurs par Dumas, rapporte une anecdote dans son pamphlet de 1845:


[...] L'auteur des Trois Mousquetaires voulant prouver jusqu'à l'évidence que son chef de manufacture n'ajoutait pas une syllabe et ne retirait pas un iota du travail primitif, composa, séance tenante, sous les yeux d'une demi-douzaine d'intimes, une phrase étrange, une phrase barbare, une phrase de cinq lignes dans laquelle est répété seize fois le mot QUE, cet éternel désespoir de l'écrivain, ce caillou qu'une langue ingrate fait rouler constamment sous notre plume. Jugez de l'harmonie de la période. Les intimes s'écriaient : - Dumas en biffera bien deux ou trois! - Je parie pour sept. - Il en restera neuf, c'est fort raisonnable!
M. Dumas ne biffa rien.
Le jour suivant, on put voir toute cette fourmilière de QUE grouiller dans le feuilleton du Siècle.
Pour Joseph-Marie Quérard, bibliographe contemporain des deux auteurs, plusieurs ouvrages ou passages sont du seul Maquet.
En revanche, pour Fernand Chaffiol-Debillemont, « Dumas avait seul conçu le plan, dessiné les personnages; bref il avait été l'architecte de l'édifice dont Maquet ne fut que le maçon. Et la page une fois composée, il y apportait les retouches définitives qui vivifiaient la prose languissante du bon Maquet; la verve, l'éclat, l'esprit sont bien de sa plume. »
De même, pour
Alain Decaux, « comme pour les peintres de la Renaissance, il faut que l'on prépare tes fresques - et il est juste que Auguste Maquet soit nommé [...] - mais à la fin celui qui tient la plume, c'est toi. »
Dans cette vision, le travail d'Auguste Maquet consistait à rédiger une première copie à partir de ses connaissances historiques. Ensuite celle-ci était réécrite par Alexandre Dumas qui ajoutait son style romanesque.
Simone Bertière, étudiant le manuscrit des Trois Mousquetaires, a pu constater qu'un passage occupant douze pages sous la plume de Maquet, en occupait soixante-dix après la réécriture de Dumas.
Cependant, certains éléments montrent qu'au moins certaines parties étaient reprises sans aucune modification de la part de Dumas.


  • Lettre de Matharel de Fiennes à Auguste Maquet :



« Paris, le 22janvier1858

Mon cher Maquet,

Deux lignes pour vous dire que je viens de lire le compte rendu de votre procès et que mon témoignage peut rectifier une erreur. En 1849 - je ne puis préciser la date - le Siècle publiait Le Vicomte de Bragelonne. Perrée était absent et je le remplaçais. On m'avertit à six heures du soir que le feuilleton qu'on était allé chercher à Saint-Germain, chez Alexandre Dumas, était perdu. Il fallait au Siècle son feuilleton, le feuilleton est dans sa charte. Les deux auteurs m'étaient connus, l'un habitait à Saint-Germain, l'autre à Paris. J'allai trouver celui qui était le plus facile à joindre. Vous alliez vous mettre à table. Vous eûtes la bonté de laisser là votre dîner et vous vîntes vous installer dans le cabinet de direction. Je vous vois encore à l'œuvre. Vous écriviez entre une tasse de bouillon et un verre de vin de Bordeaux que vous teniez de la munificence du Siècle. De sept heures à minuit, les feuillets se succédèrent, je les passais de quart d'heure en quart d'heure aux compositeurs. À une heure du matin, le journal était tiré avec son Bragelonne.

Le lendemain on m'apporta le feuilleton de Saint-Germain qui avait été retrouvé sur la route. Entre le texte Maquet et le texte de Dumas il y avait une trentaine de mots qui n'étaient pas absolument les mêmes, sur 500 lignes qui composaient le feuilleton.

Voilà la vérité. Faites de cette déclaration ce que vous voudrez.
[…] »

  • Gustave Simon a publié des documents qui établissent, notamment, que des feuilletons entiers étaient de la main du seul Maquet, aussi bien pour le Vicomte de Bragelonne que pour Ange Pitou.


Maquet est l'auteur principal du dernier chapitre du Vicomte de Bragelonne, qui met en scène la mort de d'Artagnan : Louis Perrée, le directeur du Siècle, trouvant que Dumas avait terminé le roman trop abruptement, commanda de toute urgence un dernier chapitre à Maquet. Dumas écrivit cependant la conclusion.

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MessageSujet: Re: L'AUTRE DUMAS.   Mar 9 Fév 2010 - 11:48

Poelvoorde, «l'autre» Depardieu


Benoît Poelvoorde donne la réplique à Gérard Depardieu dans «L'autre Dumas». (UGC Distribution)


Safy Nebbou conte l'histoire d'Alexandre Dumas par le petit bout de la lorgnette, celui de son plus célèbre «nègre», Auguste Maquet. Dans les salles mercredi.


Hôtel Park Hyatt, aux environs de midi. Benoît Poelvoorde est le premier arrivé, accompagné de son petit chien Billy qui semble ici comme chez lui. Gérard Depardieu ne va pas tarder, il est sur sa moto. Dix minutes plus tard, il débarque, gargantuesque, sanglier plein de santé. Qui mieux que lui pouvait incarner à l'écran l'auteur des Trois Mousquetaires, ce grand dévoreur, ce grand détrousseur. Et qui mieux que Benoît Poelvoorde, sublime clown triste, pour revêtir la panoplie du plus célèbre «nègre» de la littérature française ?
LE FIGARO. Connaissiez-vous l'existence d'Auguste Maquet ?
Benoît POELVOORDE. Je ne connaissais absolument pas cette histoire Dumas-Maquet. J'avais juste entendu parler de la pièce de théâtre, Signé Dumas. C'est le réalisateur Safy Nebbou qui m'a raconté cette relation entre les deux hommes. Il m'a dit que Gérard était déjà d'accord pour incarner Alexandre Dumas. Je n'ai rien lu sur le personnage de Maquet avant le tournage car je savais que ça allait me perturber. J'ai lu sa biographie après. C'était la même chose lorsque j'ai interprété Balsan dans Coco avant Chanel.
Gérard DEPARDIEU. À vrai dire, je ne connaissais pas non plus cette histoire. Je savais que les écrivains du XIXe avaient des nègres. Je savais, par exemple, que George Sand avait écrit pour Balzac… Aujourd'hui, parmi les 800 romans qui sortent à chaque rentrée, il y en a pas mal qui devraient avoir des nègres, des Maquet non ?
B. P. Le vrai sujet est en fait : « Comment peut-on être nègre sans être payé ? » Si Dumas l'avait payé, est-ce qu'il n'aurait pas accepté son statut de nègre ? Je ne sais pas. C'est un personnage qui subit une humiliation par jour. C'est horrible. Maquet est un homme transparent, il n'existe pas, c'est un homme sans panache, il ne déplace pas de l'air.
Après Balzac, Dumas était un rôle taillé pour vous…
G. D. Dumas est un ogre, il bouffe tout, il est monstrueux. C'est une nature qui, je pense, n'a pas d'équivalent à notre époque. On ne peut rien contre cette force terrifiante. Dumas est un monstre comme Simenon est un monstre, comme Picasso, comme Duras… Un artiste a le charme et la violence d'un monstre. Ça vous dévore tout cru mais en vous aimant. On ne peut pas faire autrement que de se laisser dévorer par ces mecs-là. Mais s'il n'y avait pas Maquet, je ne pense pas que Dumas serait si original dans le film. (Gérard Depardieu sort du cadre, parle avec passion de Molière, Corneille, Stendhal, Victorien Sardou, Sacha Guitry « ces gens-là ont vécu bien longtemps avant nous ! » , revient sur Balzac sous l'œil admiratif de Poelvoorde et de Billy qui jappe.) Balzac a été rejeté par sa mère, foutu à trois ans dans une pension, abandonné… Il prend une maîtresse plus âgée que sa mère. Ce qui a fait le succès de Balzac, ce sont les femmes. Dumas avait des femmes, il avait tout mais, à la différence de Balzac, il n'aimait pas la solitude. L'auteur du Père Goriot était seul dans sa chambre, écrivant comme un malade puis, le soir arrivant, il n'avait qu'une chose en tête : comment s'habiller pour aller dans les salons afin de gesticuler pendant des heures avec ses dents pourries et son haleine… Maquet dans sa solitude ressemble à Balzac. Sans le génie.
Qu'incarne aujourd'hui Dumas ?
G. D. Échappé très tôt de l'école, j'ai appris l'histoire de France avec lui.
B. P. Dumas incarne déjà le XXe siècle. Comment se fait-il qu'aujourd'hui, lorsqu'on achète un livre en librairie, on se sent obligé de se farcir la trombine de l'auteur alors que ce qu'il y avait de gracieux autrefois, c'est qu'on ne connaissait pas la tête du type. Maintenant, on achète un roman sur la tête de l'auteur, pas pour sa qualité. Dumas est déjà dans cette logique. Son nom était comme un bandeau rouge aujourd'hui autour de la couverture. Dumas, contrairement à Maquet qui n'était pas un mauvais écrivain, il en était conscient sait se vendre. Tout est déjà dans l'art du spectacle. Tout le monde savait que Dumas avait des «nègres». Pourquoi avoir donné le génie à ce type grossier, pété de vie ? Ce que l'on sent chez Dumas, c'est l'amour du moment présent alors que Maquet écrit déjà pour la postérité car il en était convaincu. Dumas est dans la jouissance…
Mais il repose au Panthéon…
B. P. Ce qui est terrible ! Il doit s'ennuyer ferme. Maquet, lui, est au Père-Lachaise, ce qui plus gai. Sur sa tombe sont gravés trois des romans qu'il a écrit pour Dumas : Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo et La Reine Margot. Maquet, c'est la probité que Dumas n'a plus. Une probité désuète.
G. D. Le film de Safy Nebbou est un divertissement à partir d'une base réelle. François Truffaut aurait pu faire une chose pareille. Il ne s'est pas embarrassé de mille plans. Il a fait un film à la manière de Dumas, comme un roman, avec fantaisie en insistant sur le point de vue des femmes… Pour moi, c'est écrit comme un Guitry. Rien de moins.

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MessageSujet: Re: L'AUTRE DUMAS.   Mer 22 Sep 2010 - 16:15


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