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 BEN VISITEUR DU SOIR....

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BENGI*
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MessageSujet: BEN VISITEUR DU SOIR....   Sam 24 Nov 2007 - 2:54



LE VISITEUR DU SOIR BENOÎT POELVOORDE /
Poelvoorde: «La Belgique existe aussi par sa fragilité»

Bernard Demonty et Philippe Manche

mardi 20 novembre 2007, 07:29






A l'affiche de deux films, « Cowboy » de Benoît Mariage et « Les deux mondes » de Daniel Cohen, c'est un Benoît Poelvoorde en plein marathon promo qui est venu commenter l'actualité du jour à la rédaction du « Soir ».

Branle-bas de combat à la rédaction du Soir hier lundi, sur le coup de 10 h 30. En promotion pour la comédie fantastique de Daniel Cohen Les Deux mondes, qui sort ce mercredi, et de Cow-boy, de Benoît Mariage (dans les salles le 5 décembre prochain), le comédien Benoît Poelvoorde a passé deux heures au 100, rue Royale. L'enjeu ? Participer à notre réunion de rédaction et commenter l'actualité du jour.

Malgré une mine chiffonnée par l'intense service après-vente de ses deux prochains films, et en attendant Astérix aux jeux olympiques (sortie le 30 janvier 2008), Benoît Poelvoorde a rempli son cahier des charges. Bien sûr, le Namurois le plus célèbre de l'Hexagone est aussi vif que l'éclair dès qu'il s'agit d'envoyer une artillerie de vannes bien senties mais lorsque l'acteur s'efface au profit de l'homme, on découvre quelqu'un de sensible pour qui la séparation de la Belgique est inenvisageable. « Tout ce que je vois de la Belgique, ce sont des drapeaux aux murs », attaque d'entrée de jeu celui qui s'est fait connaître avec la bombe décapante C'est arrivé près de chez vous (1992).

Avant de décocher sa première flèche et de déclencher une première salve de rires : « Je ne me sens pas très concerné parce que je n'ai pas un Flamand à moins de 150 kilomètres à la ronde. » Ces deux premières interventions résument parfaitement l'état d'esprit de Benoît Poelvoorde. Entre sérieux et détachement rigolo, son cœur balance. Mais très vite, ce Belge et fier de l'être revendique sa belgitude.

« Qu'est-ce qui nous caractérise, nous les Belges ? On a une sorte de chagrin, de tristesse, de mélancolie joyeuse qui fait qu'on laisse venir les choses. Je trouve que la Belgique est un pays merveilleux, je voudrais rendre la Belgique radieuse. Quand on voit des films sociaux on a presque l'impression que le Belge est à deux doigts de se suicider, et dès qu'on voit une brique rouge, on crie au film social. J'ai envie de montrer un pays où, c'est vrai, il pleut beaucoup, mais je veux montrer aussi que la pluie, c'est très beau quand c'est bien filmé. On peut être très heureux en Belgique, je vous assure. Quand les gens parlent de notre pays, ils ont l'impression que c'est un enfer, qu'on dort dans un torchon. Alors que la Belgique est un super-beau pays et les gens valent la peine d'être vus et filmés. »

Sur l'actualité politique du moment, l'acteur belge avoue sa méconnaissance des événements qui se succèdent. « Moi, personnellement, je n'y comprends rien du tout. Il y a tellement d'abréviations que tu ne sais même plus de qui on parle. Par contre, l'Orange bleue, c'est sympa, c'est marrant comme expression. »

Si l'intéressé concède n'acheter aucun journal, ne pas regarder la télé – « J'écoute un peu la radio, la Première, en général » – il s'avère beaucoup plus informé qu'il ne le prétend. Et de porter une charge sur les médias qui faussent, dit-il, le débat : « Quand on filme deux crétins qui déchirent un drapeau belge, c'est deux crétins, quoi. Ce n'est pas tous les Flamands. Tous les Flamands ne déchirent pas un drapeau belge. Le problème, c'est que si on met en couverture deux crétins qui brûlent le drapeau, tous les Wallons sont là et vont se dire : “J'ai l'impression qu'on ne nous apprécie pas en Flandre.” Mais qu'est-ce qu'elle relaie, la presse ? Le propos de Leterme qui dit que les Wallons ont un déficit intellectuel pour ne pas apprendre le Flamand ? Ben, forcément, si vous relayez ça... Ce sont des phrases étudiées, réfléchies. C'est de la communication. Lui, il tape, il tape, il tape et comme ça, nous, on finira bien par se fâcher et dire : “Qu'est-ce qu'ils attendent ? Qu'on aille au clash ? Mais nous n'irons pas au clash. Parce que les vacances arrivent…” »

Evoquant la manifestation citoyenne de ce dimanche, Benoît Poelvoorde regrette de ne pas y être allé. « Oui j'y serais allé. Parce que c'est important de se battre pour dire que notre pays existe aussi sur cette espèce de fragilité des deux communautés qui doivent se respecter. Et bien que je ne manifeste jamais, j'y serai allé. Et si j'avais un drapeau belge, je l'accrocherais à ma fenêtre. Je suis solidaire de ce pays. Je vous assure que je n'y connais pas grand-chose mais il y aura des retombées si on se sépare. »

Même si Benoît n'a pas vu le faux JT annonçant la scission de la Belgique le 13 décembre dernier, l'artiste le condamne vigoureusement. « C'est irresponsable, martèle-t-il. Une plaisanterie pareille au journal télévisé, ma mère, elle voit ça, elle y croit mordicus. Il y a des gens qui ont arrêté de regarder l'émission et qui étaient déjà en train d'acheter du riz. »

Pour Benoît Poelvoorde, il est impératif et primordial que la Belgique reste unie. « Est-ce que c'est parce que j'ai grandi dans un pays qui a toujours été une monarchie et que c'est lié à mon enfance ? », s'interroge-t-il. « Cela dit, je trouve que la communauté flamande a énormément de choses à offrir, culturellement parlant. Regardez les groupes de rock qui sont originaires de Flandre, regardez ce qu'on fait en danse en Flandre… »

Le cœur de Benoît Poelvoorde penche pour l'unité de la Belgique, et de toute façon, il ne croit pas une seconde à une scission. « Je suis persuadé que la Belgique ne se séparera pas parce qu'à un moment, le citoyen reprendra la parole. J'en suis sûr. Cartes sur table. La manifestation de dimanche est un premier pas. Et les drapeaux aussi. »

Pour l'artiste, la situation actuelle est avant tout affaire de politiciens, déconnectés de la volonté des électeurs. « Faisons des forums de discussion avec des Belges, des Flamands. C'est à nous, les artistes les citoyens, les gens de la rue à prendre la parole, à dire à quel point nous tenons à notre pays ! »

Quand on lui suggère que cela fera peut-être désordre si tout le monde s'exprime en même temps, l'acteur n'a qu'un mot d'ordre : « Revotons ! Ah bon c'est compliqué ? Et vous espérez que je vais donner la solution maintenant ? Bon, d'accord, je vais prendre la place du Roi, mais je mets certaines conditions. On commence la journée de travail vers midi, midi et demi. »

Blague à part, l'acteur n'en démord pas, il faut que le public réapprenne à comprendre son pays. Que peut faire la presse ? « Faites un livre, un livre d'entretiens, de rencontres avec le citoyen. Qu'on passe du boucher au politologue, à des gens de la rue, sans pour autant que cela devienne la débâcle et que les gens disent : “On va tous leur péter la gueule”, mais un recueil qui donnerait la parole aux gens de tous les côtés, qu'on n'ait pas droit seulement à des extrémismes. On pourrait aussi faire un lexique, car même les enfants ont peur. Ma mère ne comprend rien. On redonnerait ainsi au citoyen l'occasion de réfléchir et de ne pas suivre simplement le discours prémâché. »

A cheval entre la Belgique et Paris, l'acteur est bien placé pour observer la réaction française à la crise belge. « Mes amis français sont très inquiets pour nous. Ils ont l'impression qu'on se met sur la tronche avec des fusils et des bâtons. Ils ont une image alarmiste alors que moi, j'ai plutôt tendance à dire : “Mais non, ne t'inquiète pas, on en a vu d'autres.” »

La France, une solution pour la Belgique francophone ? Pas pour l'acteur. Pas question de rattachement. « Ils s'en foutent, les Français. Pourquoi se rattacher à la France ? On peut très bien faire une autonomie wallonne. On se débrouillera très bien. » Et Bruxelles ? « Alors, si Bruxelles est flamand, je plains le Roumain qui va devoir demander son chemin en néerlandais. »

Reste une solution, à laquelle personne n'a encore osé penser, et que l'interprète tire de son chapeau : le rattachement au Luxembourg. « Voilà, le rattachement au Luxembourg. Ça, ça m'intéresse. Cela devrait nous prendre quoi ? Un petit quart d'heure ? Même s'ils ne sont pas d'accord. On jette deux papiers par terre, ils sont distraits, on rentre, on prend les pompes à essence d'assaut, les tabacs, on fume les clopes, et en avant. Cela ne va pas être très long avec notre belle armée. Ils vont m'adorer, les Luxembourgeois. »

Benoît Poelvoorde pourrait-il devenir celui qui symbolise la Belgique, qui en améliore l'image ? « Ah non, pas moi. Justine Henin, oui. Notre image n'a pas besoin d'être améliorée. Toute personne qui vit en Belgique et qui n'est pas Belge ressort de ce pays avec une espèce de joie. Vous savez, on est un des pays les plus courtois qui existe au monde. Nous, on dit merci quand on nous ouvre la porte et au revoir quand on s'en va. Ce qui n'est pas monnaie courante, en France. Les gens adorent les Belges. Les Français n'ont jamais eu de problèmes avec les Belges. On a eu une courte période avec Coluche, et encore, je crois que c'était dénué de méchanceté. Et puis les frères Dardenne sont arrivés. Et Dieu sait si les frères Dardenne sont connus pour être marrants ! » (éclats de rire)

Y aurait-il, dans cet éloge de la Belgique, une pointe de déception face à ce que Benoît Poelvoorde a vécu à Paris ? En tout cas, il avoue avoir voulu se recentrer sur son pays pour retrouver un peu d'authenticité, comme il nous l'a confié en petit comité après la réunion de rédaction. « Je crois que j'ai été longuement brinquebalé dans un Paris qui m'a ébloui, mais Paris ne finit jamais et peut vous réduire en bouillie. Cela m'a plu pendant un temps. La notoriété parisienne, le fait qu'un sorteur de boîte de nuit vous reconnaisse, j'ai aimé cela. Mais aujourd'hui, cela m'a fait du bien de revenir en Belgique, dans un endroit où les gens se lèvent à 7 heures et vont travailler, dans un pays où il y a une modestie, où il faut savoir dire qu'on ne peut pas se plaindre, où on peut rencontrer des gens qui ne vont pas au cinéma, ou alors qui regardent le film à la télé, alors que le film est déjà sorti au cinéma il y a six ans. Tout cela me permet de retrouver un équilibre. La réalité se trouve ici. »

Benoît Poelvoorde est donc intarissable sur la crise qui secoue son pays. « Fallait que ça me tombe dessus. Le seul jour où je viens à la rédaction du Soir, faut que je me prenne ce sujet-là ! »

Le reste de l'actualité du jour ne l'emmènera pas sur des terrains plus joyeux. Il est, de nouveau, question de l'attitude de la Belgique, qui enferme des enfants en centre fermé. Benoît Poelvoorde est choqué, mais pas prêt à s'engager pour cette cause, ni pour une autre. « Je pourrais le faire, mais je le ferai secrètement. Je n'ai rien contre les gens qui ont un engagement militant quel qu'il soit, mais j'ai beaucoup de mal avec l'idée de m'engager publiquement. C'est une question de décence. On va toujours se demander : “Il le fait pour quoi ?” Ce doute ne peut pas être permis. Je pense que mon engagement ne regarde que moi. Tant que cela reste discret, cela reste décent. Mais je ne vois pas du tout un artiste aller dire sur un plateau de télé qu'il défend les petits enfants au Rwanda, avant que le présentateur l'interrompe pour dire : “Et je rappelle que votre album sort lundi. Merci Jacques et bravo pour votre combat et votre engagement.” »

Même pas un petit engagement à la Tom Barman, le chanteur de Deus, contre l'extrême droite ? « Si l'extrême droite se renforce en Wallonie, je le fais ! Je suis prêt à manifester, par exemple avec les gens du cinéma. »

Benoît Poelvoorde garde donc malgré tout plus qu'un pied dans la réalité, même s'il concède que ce n'est pas facile. Quand on lui dit que le prix d'un grand nombre de produits est en train d'augmenter, il concède qu'il ne connaît pas le prix du pain. « Non, je ne connais pas le prix du pain, parce qu'on gère tout pour moi. Je suis complètement infantilisé. J'ai fait quatre films en deux ans. Pendant ce temps-là, par exemple, je ne peux pas conduire, c'est contractuel. On vous assoit, on vous donne à manger, vous êtes complètement infantilisé. Donc en fait, beaucoup d'acteurs restent dans le cinéma, parce que vous êtes perpétuellement pris en charge. Bientôt on n'aura même plus besoin de nos jambes. On nous dira : “Viens, on va te faire rouler jusque là-bas, puis on va te dégonfler.” Parfois, je rentre et je me demande comment on cuisine. Cela fait deux ans que je ne suis pas rentré chez moi. On n'a plus de responsabilités. Je n'ai plus acheté un paquet de clopes depuis un mois et demi. J'aimerais rencontrer des hommes normaux, des gens du quotidien. C'est presque une vie en parallèle. Mais c'est mon métier, je ne m'en plains pas, ce serait indécent. »

Mais quand parfois l'acteur retrouve un peu la réalité, c'est le Tour de France, qu'il déguste, à la belge. « On laisse partir les coureurs pendant une cinquantaine de bornes et puis Rodrigo arrive. Parfois avec Eddy. J'adore le cyclisme. Ce qui m'attriste, c'est que le sujet du dopage prend tout et nous éloigne de la grandeur de ces héros. Quand on dit : “Ils se piquent dans le cul”, “ils changent leur sang” et tout ça, d'accord, c'est pas bien le dopage, mais changez votre sang, mettez-vous ce qu'ils se mettent dans le cul et vous ne faites par le tiers du quart. Ils sont à des cadences en montée que vous ne faites même pas en descente ! »

Mélancolique parfois, en représentation souvent, passionné toujours, Poelvoorde s'en va chercher son chien, qui erre quelque part dans la rédaction. Un dernier petit mot sur la Belgique ? « J'arrive ! » n

Le 25 novembre à 20 h 30, avant-première de Cow-boy au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, en présence du réalisateur, Benoît Mariage, et de Benoît Poelvoorde. Réservations : 02/507.82.00.

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