AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  votesvotes  

Partagez | 
 

 BEN TOUCHANT......... "TOUCHEE".

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
BENGI*
Admin
Admin
avatar

Féminin Nombre de messages : 1637
Age : 68
Localisation : BANLIEUE - PARIS.
Loisirs : PHOTO - PEINTURE - CINEMA.
Date d'inscription : 25/04/2006

MessageSujet: BEN TOUCHANT......... "TOUCHEE".   Sam 24 Nov 2007 - 2:34





Il y a quelque chose de changé en lui, on le devine désemparé,
avec dans le regard une tristesse
qu’il ne cherche même pas à dissimuler
.


BENOIT POELVOORDE:
J'AI PERDU TOUT CONTROLE SUR LA REALITE.


Il enchaîne tournage sur tournage. Dans Les Deux Mondes (1), il campe Rémy, qui perd simultanément femme et travail. Et il sera bientôt dans Astérix aux Jeux Olympiques. Le changement de registre lui va comme un gant, pourtant ce ludion tendre et insolent se dit fatigué… et la mélancolie affleure sous les facéties.
Paru le 18.11.2007, par Christian González

C’est Billy Bob qui vous accueille avec un enthousiasme d’autant plus sympathique que, l’instant précédent, il ne vous connaissait pas. Il jappe et bondit à l’entrée de la suite de grand hôtel dans laquelle Benoît donne ses interviews. « C’est un jack-russell… » Avec une tâche rose près de la truffe et un pelage blanc et sable. « Et pourquoi Billy Bob ? – À cause de la chanson de Benjamin Biolay : “Billy Bob a raison/Les gens c’est tous des cons.” » Dans Les Deux Mondes, Rémy (Benoît donc), petit bonhomme effacé, perd en même temps son travail et sa femme. Pourtant, dans un monde parallèle, une tribu opprimée par un géant cannibale l’attend pour être son libérateur… Il est immuablement cordial, sa faconde demeure inépuisable, mais son humour fantasque est en veilleuse, il allume une cigarette de temps en temps, il y a quelque chose de changé en lui, on le devine désemparé, avec dans le regard une tristesse qu’il ne cherche même pas à dissimuler.

Madame Figaro. – Les Deux Mondes, de Daniel Cohen, Cowboy, de Benoît Mariage (journaliste d’une émission télé, Daniel Piron croit avoir une idée de génie qui, pense-t-il, le revalorisera à ses propres yeux, auprès de sa femme et de la société) – sur les écrans le 5 décembre -, Astérix aux Jeux olympiques, de Frédéric Forestier et Thomas Langmann – le 30 janvier 2008 -, et la suite des Randonneurs, de Philippe Harel : jamais vous n’aviez autant tourné en enchaînant !
Benoît Poelvoorde. – Et c’est trop, je m’en rends compte maintenant. Le cinéma est l’un des rares corps de métier où l’on se rassemble, où l’on se confine et, au final, où l’on se sclérose. On se coupe des gens normaux et on se déresponsabilise totalement. Or j’ai besoin de faire des pauses pour réfléchir, me poser des questions, alors que, sur un plateau, on vous demande surtout de ne pas en poser.
Pour Astérix.., je suis resté cinq mois à Alicante, en Espagne. Le tournage des Deux Mondes a duré trois mois, dont deux passés en Afrique du Sud, et je suis reparti deux mois pour Les Randonneurs à Saint-Tropez, au cours desquels je me suis cloîtré dans un hôtel. J’ai cru que j’allais y arriver, je me suis imaginé plus fort que je n’étais, et je suis allé droit dans le mur. J’ai totalement sous-estimé les dangers du métier.
C’est-à-dire ?
- J’ai perdu tout contrôle sur la réalité. J’ai fait passer le cinéma avant ma vie, et ma vie en a souffert…
Avec pour conséquence ?
- Avec pour première conséquence de perdre l’estime de moi-même. Même si je ne regrette pas les films. Je suis le seul responsable de tout ce qui m’arrive.

Tout de même, vous n’êtes pas obligé de dire oui à toutes les propositions, ce que d’ailleurs vous vous étiez bien gardé de faire par le passé…
- Bien sûr, mais, par exemple, je ne pouvais pas refuser Astérix.., parce que j’ai dit cent fois que j’avais envie de faire un méchant dans un film pour enfants. Je ne pouvais pas dire non à Benoît Mariage, qui m’avait dirigé dans « Les convoyeurs attendent », qui est un ami et qui me donnait l’occasion de renouer avec le cinéma belge. Pour Les Deux Mondes, j’ai adoré l’univers poétique de Daniel Cohen. Et pour Les Randonneurs, il y avait le plaisir de retrouver l’équipe du premier opus, tourné il y a dix ans. Simplement, tout cela a abouti à une totale remise en question. Je me suis enfermé dans une profession excessive. Maintenant, il est vrai qu’il n’est pas foncièrement mauvais de perdre le bon chemin si l’on peut envisager de faire machine arrière…




« Pour le moment, je ne m’aime pas, mais pour retrouver la bonne direction,
il faut d’abord se pardonner soi-même.»


Votre personnage dans « les Deux Mondes » dit à un moment : « L’estime de soi commence par la reconnaissance de ses échecs. »
- Parce que, en fait, rien n’est impardonnable. La société vous éduque en vous avertissant que les choix que vous faites vous engagent définitivement sur un chemin sans la possibilité de revenir en arrière. Je pense que c’est faux. Pour le moment, je ne m’aime pas, mais pour retrouver la bonne direction, il faut d’abord se pardonner soi-même.
Ce qui est difficilement compréhensible, c’est que le succès ne vient pas de vous tomber sur la tête. Voilà des années que vous êtes tête d’affiche, vous avez eu le temps de vous blinder contre les griseries, de relativiser…
- En ce qui me concerne, c’est le contraire qui s’est produit. Au fil du temps, je me suis trouvé bien plus fort, bien plus malin que le système, et je me suis retrouvé dans une bulle avec des gens qui n’étaient que des flatteurs, des courtisans, des nuisibles. Je n’ai pas su les démasquer à temps. Je pensais bien me connaître et je me trompais.
Dans ces circonstances, dans quel état d’esprit êtes-vous au moment d’entamer une promotion au long cours ?
- Cela n’entame pas mon envie de faire de la promotion, parce que quand j’aime un film, ça vire facilement assez au prosélytisme.

La dernière fois que nous nous sommes vus, vous m’avez dit que vous aviez l’intention d’arrêter de fumer. C’était, semble-t-il, un vœu pieux…
- J’ai voulu arrêter de fumer, mais je suis addict. Cela dit, j’ai arrêté de picoler.
Pourquoi ?
- Parce que c’était indispensable ! Il faudrait aussi que je me taise. Je ne peux pas m’empêcher de parler, c’est comme si j’avais trop de mots en moi. Je ne supporte pas le moindre silence. C’est comme si j’étais responsable de l’ambiance. Je ne parle pas pour me faire remarquer, mais parce que j’ai peur du silence des autres, qu’ils s’ennuient. Si quelqu’un parle plus que moi, je me tais, je suis rassuré. De la même façon, je me sens coupable si l’on n’aime pas un film, alors que, quand même, je ne suis pas le seul à être impliqué.
D’où vient ce sentiment de culpabilité ?
- De mon éducation chez les jésuites, probablement. J’ai perdu mon père très jeune, et ma mère m’a mis en pension à huit ans. En même temps, ce sentiment de culpabilité ne déborde pas de ma sphère de vie, et je ne me sens pas coupable des tragédies qui se produisent dans le monde, pour la bonne raison que je ne me tiens pas informé. Je n’achète ni journaux ni magazines.
Même lorsqu’un article vous est consacré ?
- De ma vie, je n’ai pas lu un seul papier sur moi. Et le comble de la bêtise pour un comédien, c’est de demander à un journaliste de relire un papier avant sa publication. On répond aux questions, on dit ce qu’on a à dire et, si on a dit des bêtises, c’est tant pis, d’autant que tout le monde, à peine lues, les aura oubliées.
Il y a tout de même des choses qui vous apaisent ?
- La musique et la littérature. Les livres m’apprennent beaucoup de choses sur moi et apaisent l’ébullition de mon misérable cerveau.
Et le cinéma ?
- Je n’y vais plus. En Belgique, pendant les films, les gens se goinfrent de trucs nappés de fromage qui pue. C’est insupportable ! Donc je reste chez moi, j’ai une salle de projection, je regarde des DVD.
Qu’allez-vous faire maintenant ?
- J’ai plusieurs mois de promo devant moi, trois ou quatre probablement, au cours desquels je vais tellement parler de moi que je vais me gaver de moi-même. Ce qui est peut-être la meilleure façon de se laver la tête. Ensuite, je m’arrête.
(1) En salle le 21 novembre.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
BEN TOUCHANT......... "TOUCHEE".
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Feutres "Touch"
» "Cartogaphie" pour chez GL Pease
» Pâte à tartiner "maison"
» Mon carrousel ["tourbillon"] Chinois
» Livre - "Obsession" de Catherine Kalengula : une version moderne du fantôme de l'opéra

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: BENOIT POELVOORDE :: ARTICLES DE PRESSES ET INTERVIEWS.-
Sauter vers: