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 BENOIT POELVOORDE: ACTEUR CAMELEON.

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BENGI*
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MessageSujet: BENOIT POELVOORDE: ACTEUR CAMELEON.   Sam 24 Nov 2007 - 2:07





Eclectique. Voilà un mot sous lequel on pourrait bien trouver un jour dans le dictionnaire, la photo de Benoît Poelvoorde tant l’ampleur de son talent lui permet de se voir proposer et d’accepter des partitions aussi diverses que remarquables. Passionné par les arts et remarqué pour ses interprétations théâtrales hors du commun, le jeune Benoît, né à Namur en 1964 se destine à une carrière de dessinateur de bandes dessinées lorsqu’il rencontre lors de ses études Rémy Belvaux et André Bonzel qui deviendront rapidement ses complices. Les trois amis, transpirant d’un fiévreux amour pour le cinéma, accoucheront en 1988 de la longue bande annonce d’un film qui ne verra jamais le jour, le fameux Pas de C4 pour Daniel Daniel, et qui, à travers un humour potache et une sélection de scènes bien senties présente déjà un Benoît Poelvoorde héros récurrent de grand film d’espionnage à l’humour décapant. Un humour que les 3 trublions pousseront à l’extrême lors de leur premier long métrage, C’est Arrivé près de chez vous, qui les portera sur le devant de la scène tant l’audace du projet, son franc-parler sans limites et ses partis pris scéniques (une équipe de journalistes suit caméra à l’épaule jusqu'à la complicité, le quotidien d’un tueur à la petite semaine se prenant pour un cador de première) font montre d’un génie comique et conceptuel hallucinant.




Fort du succès de ce film culte instantané, Benoît tente l’expérience publique des planches de théâtre avec un projet tout aussi atypique avec le One man Show Modèle déposé où il incarne un inventeur au cœur brisé, tendre et pathétique. Une performance qui force le respect, et qui le mènera directement dans l’écurie Canal, créant par la même le personnage de Monsieur Manatane. Fort en gueule, raciste et imbu de lui-même, le personnage aura droit à plusieurs rubriques particulières (Jamais au grand jamais et Les carnets de Monsieur Manatane, depuis sortis en coffret DVD) qui permettront à Benoît de faire encore une fois montre de sa verve inégalable et de son goût pour la comédie décalée et référentielle, miroir d’une société décadente et vouée à l’échec (le personnage se voyant souvent mis à mal par ses congénères ou par les machines qu’il emploie, se retrouvant même dans une parodie de La Planète des singes).

Passée la case Canal, le sieur Poelvoorde débute ensuite une carrière cinéma plus que fructueuse. Associé à des réalisateurs qui sauront exploiter son talent, l’acteur s’engagera dans des projets aussi drôles que pittoresques, et choisissant ses partitions avec le cœur. Il jouera ainsi le rôle d’un guide faussement sûr de lui dans Les Randonneurs d’un Philippe Harel qu’il retrouvera sur le touchant Vélo de Ghislain Lambert, campera dans Les portes de la gloire, un représentant essayant de faire appliquer à ses confrères travaillant dans de petites bourgades françaises, les méthodes d’une Amérique à échelle industrielle, et interprètera un père de famille ayant des envies de grandeur dans Les Convoyeurs attendent. Des rôles empreints d’un certain quotidien qui toucheront toujours de manière très juste un spectateur, y voyant le reflet humain de situations déjà vécues, avec la distance appréciable qu’offre celle de l’écran de cinéma.




Ce n’est qu’après ces petits films ayant remporté un succès d’estime certain que Benoît Poelvoorde est enfin considéré comme un acteur bankable et partage l’affiche de son premier grand budget avec Gérard Lanvin dans Le Boulet. Dans ce buddy-movie à la française, Benoît y joue les faire-valoir comiques mais tire admirablement son épingle du jeu alors que le film sera un succès public retentissant. Et c’est ainsi qu’il trouvera par la suite le pendant gros budget de ces petits rôles dont il apprécie tant le côté à la fois humain et décalé. A ce titre, Podium lui permettra de briller de tous ses feux en fan ultime de Claude François désireux de sublimer son idole au prix même de sa vie personnelle effacée par la passion. Epoustouflant, émouvant, le rôle marquera les mémoires et terminera d’asseoir Benoît au panthéon des acteurs francophones les plus appréciés de sa génération.

C’est d’ailleurs grâce à ces succès publics que l’acteur assouvira sa passion pour le fantastique et les univers uniques, acceptant alors des rôles dans diverses œuvres atypiques non dénuées d’intérêt, mais présentant tout de même un certain risque. Des rôles qui prouveront une fois de plus que Benoît marche avant tout au coup de cœur. A ce titre, Atomik Circus, film fantastico-dingue directement inspiré de l’univers Métal Hurlant des années 70, n’aurait pu s’attirer les faveurs d’un acteur aussi populaire si celui-ci n’avait auparavant déjà quelque goût pour la déviance et le partage en sucette des familles. De même, le projet Narco, oscillant entre le monde des rêves et de la bande dessinée fait montre d’une sensibilité certaine de l’acteur pour cette liberté d’écriture ainsi que pour une forte sous culture populaire. Se succèderont d’ailleurs d’autres œuvres empruntes d’univers codés telles que Aaltra (Benoit Delépine et Gustave Kerven) ou Akoibon (d’Edouard Baer), de ses anciens collègues de Canal, où il retrouvera ses anciens collègues de Canal +…




Mais au delà de ces partitions, toutes appréciables soient-elles, jamais le monsieur n’avait à ce jour été impliqué dans des projets qui ne soient pas teintés d’un certain humour (voire d’un humour certain), que celui-ci soit visible ou dérisoire. Ce sera chose réparée grâce à l’intime Entre ses mains d’Anne Fontaine. Œuvre à la fois sombre et réaliste, le film de la réalisatrice de Nettoyage à sec offre à l’artiste un personnage trouble et dense que celui-ci interprète avec une subtilité et une aisance remarquables. Séduisant, inquiétant, l’interprétation sonne juste à tout instant et permet de prouver si besoin était que l’acteur est capable de tout interpréter, du moment que les rôles en valent la peine.




Aperçu depuis dans Du jour au lendemain, histoire d’un homme perdu dans un quotidien qui d’un coup se met à lui sourire, ainsi que dans l’excellent Jean-Phillipe, Benoît Poelvoorde s’est essayé aux joies du film choral dans Selon Charlie de Nicole Garcia, prouvant s’il en était encore besoin qu’il n’a pas a rougir de la comparaison avec les plus réputés des artistes de son temps, et revient aujourd’hui à ses premiers amours à travers une double actualité. Tout d’abord Les Deux mondes de Daniel Cohen où il reprendra une partition comique de premier ordre dans un film emprunt de fantastique, puis avec Cow Boy où il renoue avec l’esprit nostalgique et désenchanté (même si toutefois emprunt d’un espoir touchant) de Benoît Mariage. Et comme si cela ne suffisait pas, se profilent à l’horizon le nouveau film du duo Delépine\Kervern et une participation réjouissante dans le prochain Astérix et Obélix aux Jeux Olympiques. Avec tout cela, on ne risque pas de manquer notre belge préféré, et c’est tant mieux !
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DAVID BRAMI.

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