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 BEN FRAICHEUR ET SIMPLICITE

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BENGI*
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MessageSujet: BEN FRAICHEUR ET SIMPLICITE   Jeu 27 Avr 2006 - 11:47

Interview réalisée en 1997
Entretien : Bruno Brioni
Photos : Carole Hubinon






Après avoir passé près de six mois à Paris, Benoît Poelvoorde était de retour en Belgique, au théâtre 140, pour (re-) présenter son spectacle "Modèle Déposé" . A cette occasion, il a accepté de recevoir 6Bears après son spectacle. Nous traversons la scène pour rejoindre un petit escalier qui nous mène aux loges et c'est là, que nous apparaît le tueur fou de " C'est arrivé près de chez vous ". Très vite on se rend compte qu'il a rien à voir avec ce personnage. Son sourire béat nous fait frissonner; et oui, que voulez-vous, pour nous il représente bien plus qu' une image sur un écran. Dès le début on sent chez cet homme la joie de vivre, la gentillesse, la bonté et la simplicité. C'est tellement rare que l'on est persuadé que l'on va prendre notre pied!

Dans le spectacle " Modèle Déposé " , René Altrus (chercheur génial, méconnu et honteusement largué par sa petite amie Mélissa) semble désemparé et perdu. Est-ce un miroir de notre société en général, qui présente l'homme, comme cherchant avant tout à être reconnu et qui en même temps, ne parvient ni à être aimé, ni à trouver l'amour?
Benoît Poelvoorde : (Rires). Tout à fait, je crois que vous avez répondu à votre question. C'est un spectacle sur le fait que les hommes ont encore cette impression machiste de croire que les femmes les aiment pour ce qu'ils font et non pas pour ce qu'ils sont. C'est donc toute la douleur d'un mec qui s'est planté. Je pense que, si tu es bien dans ta peau, la personne avec qui tu es, t'aimera pour ce que tu es et non pour ce que tu fais. Le problème, c'est que quand on ne fait pas ce que l'on aime alors on est mal dans sa peau, et dans ce cas, on n'est pas bien avec la personne avec laquelle on est.


Est-ce pour toi un élément représentatif de notre société actuelle?
Benoît Poelvoorde : Oui, on est dans une société qui ne donne plus le droit à l'erreur et celle-ci est basée sur la réussite et l'efficacité immédiate. Les hommes sont de plus en plus frustrés quand ils sont dans l'erreur ou dans la difficulté par le fait que les femmes sont de plus en plus l'égal de l'homme. C'est vraiment le reflet d'une société qui est la nôtre, celle de l'efficacité immédiate, alors qu'en fin de compte le travail est un droit et non pas une obligation. Ce qui est important c'est de se réussir et non de réussir professionnellement, n'y même d'être reconnu.


Mais on ne peut pas dire que le spectacle soit uniquement négatif.
Benoît Poelvoorde : Non ce n'est pas du tout un spectacle négatif. Et, curieusement je vous dirai qu'il est adressé aux femmes plutôt que pour les mecs. Moi, je ne crois pas aux mecs super costaud, impeccable, imparable, en d'autres mots à un monde de perfection. C'est un spectacle positif sur le fait que les hommes se prennent en main et qu'ils peuvent se regarder en riant . . . tu sais, beaucoup de mecs sont venus me voir pour me dire que le spectacle était très touchant. Mais il n'y a pas de message, c'est juste un clin d'oeil basé sur trois expériences celle de Jean Lambert (mise en scène, texte, dramaturge), celle de Bruno Belvaux (mise en scène, texte, idée originale) et la mienne. (C'est la même équipe que " C'est arrivé près de chez vous " ).


René Altrus éprouve des difficultés pour faire breveter ses inventions, pourquoi? Peut-on par la même occasion parler des problèmes de droit d'auteur et de protection?
Benoît Poelvoorde : (Rires). Si il a des problèmes pour faire breveter ses inventions, c'est surtout parce que ses inventions, c'est du n'importe quoi. Non mais sérieusement, le droit d'auteur n'a rien à voir avec René. On nous a pris des extraits de " C'est arrivé près de chez vous " pour un disque, sans demander notre avis. Ce disque s'est très bien vendu et on aurait pu engager des poursuites pour non-respect du droit d'auteur. Mais on ne l'a pas fait, en plus le droit de citation c'est un hommage, il ne faut pas prendre le blé partout où il y en a. Mais je crois que si ça devait se reproduire nous serions plus vigilants. Parce que quand tu es trop gentil les gens finissent par en profiter.


Tu as passé 6 mois à Paris (Café de la Gare) pour ton spectacle, as-tu ressenti une différence avec le public français?
Benoît Poelvoorde : Les Français ont besoin de se moquer des gens pour rigoler, ce qui n'est pas le cas en Belgique. En Belgique, j'ai un rapport avec le public qui est amusant, parce que je ne l'attaque pas. Je me moque plus de moi. Le Français fera plutôt le contraire, il prendra quelqu'un dans la salle et se foutra de sa gueule. Ils ont aussi un humour différent. Ils sont plus attentifs et retenus mais moins spontanés. Les Belges, réagissent plus quand je leur parle. Il suffirait que je dise que trois personnes viennent sur scène et ils sont là, les Français il faut les tirer, c'est plus difficile.


Peut-on dire qu'il y a plus de créativité à Paris qu'à Bruxelles?
Benoît Poelvoorde : Je ne peux pas juger ça. Mais ce dont on peut être fier, c'est que l'on a un esprit qui est le nôtre. On n'a pas besoin d'être similaire à celui des Français pour être bien. Des gens m'ont demandé si j'avais effectué des modifications pour les représentations en France, eh bien non! Le Français apprécie l'humour belge et inversement. Je n'ai pas d'animosité par rapport aux Belges ou aux Français. Cependant, je préfère jouer en Belgique parce que je suis chez moi. En fin de compte je suis quelqu'un de très casanier. En plus , il faut être fort à Paris, et ce n'est pas mon cas. Le soir où tu joues il y a en même temps 350 autres spectacles, c'est de la folie. Pour arroser le tout, à Paris les gens du spectacle fréquentent les gens du spectacle, les gens de la musique fréquentent les gens de la musique et heureusement ce n'est pas le cas ici en Belgique.


Qui n'aime pas les journalistes: René Altrus (dans le spectacle il dit des journalistes, que ce sont des acariens des temps modernes, qui se nourrissent de peaux mortes) ou Benoît Poelvoorde?
Benoît Poelvoorde : (Rires). C'est bien que vous me posiez la question parce que d'habitude les gens me disent on a l'impression que vous n'aimez pas les journalistes alors que les journalistes vous aiment bien. Mais, en effet c'est René qui n'aime pas les journalistes. Je me mets à la place d'un type qui n'est pas reconnu dans ce qu'il fait. Quand tu n'es pas reconnu, tu crois toujours que ce sont les autres qui en sont responsables. Moi je n'ai pas ce problème-là. Mais, j'ai un sentiment de culpabilité par rapport à ça. Il est vrai que j'ai un quota de sympathie qui fait que les gens me posent des questions, mais je sais qu'il y a des gens qui ont autant de talent que moi, si pas plus, à qui on ne donne pas la parole. Souvent les gens deviennent aigris, et c'est vrai que c'est difficile de se battre. Mais moi je suis mal placé pour en parler car je ne me suis jamais battu. On a démarré " C'est arrivé près de chez vous " , on a réussi, donc je n'ai jamais eu de difficultés. Jamais je me suis retrouvé à me dire eh bien voilà rebelote, je viens de faire un truc et personne ne le sait! A ce sujet, j'ai eu un petit problème avec un journaliste. Il m'a dit puisque vous n'aimez pas les journalistes eh bien les journalistes vont vous le rendre! Le mec n'avait pas pigé. Quand on a écrit le texte on a dit, on va taper une grosse galette sur les journalistes. Et, il y a une part de vrai. Il y a des journalistes qui sont des cafards qui bouffent la merde pour se faire du pognon , et les bons journalistes. René est quelqu'un de passéiste, ces gens un peu chiant qui disent toujours, que maintenant tout est nul, parce que, ce qui se faisait avant était mieux.


René est un con alors?
Benoît Poelvoorde : René cite des références "hyper" entendues, comme le prix Pulitzer . Ce n'est pas difficile, on sait que c'est un prix qui récompense des journalistes. Que Joseph Kessel était journaliste, c'est moins évident. Donc, on ne peut pas dire que c'est un vrai con. Comme quoi, c'est mettre en évidence que tu peux être très cultivé et très con en même temps . . . et il y en a beaucoup. René c'est un peu ça, c'est un mec qui a des bases, qui a un bon fond. De plus, il est altruiste mais cependant ça reste un con. Et c'est difficile de l'admettre. Moi, j'aime bien, quand tu te dis, est-ce qu'on peut juger ce petit gars-là qui aide les autres, mais en même temps il est con avec sa femme, et à travers ce qu'il dit. J'adore faire des personnages où l'on ne parvient pas à dire si c'est vraiment un con.


Si je te dis GR 20 (sentier de randonnée le plus difficile d'Europe) que me réponds-tu?
Benoît Poelvoorde : (Rires). Je réponds souffrance, lumbago et tournage en Corse.


Tu nous expliques un peu?
Benoît Poelvoorde : Eh bien c'est le nouveau film de Philippe Harel qui s'intitule "Les Randonneurs" dans lequel je joue. Il m'a proposé de jouer dans son film et je n'ai pas fort hésité vu que j'avais adoré son précèdent film " Un été sans histoire " . Mais j'ai toujours eu très peur de jouer dans les films des autres parce que je ne me considère pas encore comme un comédien. Il m'a proposé d'être un guide belge en Corse. Et je trouvais ça amusant. Et il m'a dit : "tu reste Belge et tu guides des Parisiens! "


Tu connaissais Philippe Harel?
Benoît Poelvoorde : Comme je vous l'ai dit je connaissais son premier film. Ce film était marqué par la simplicité et par un humour très sain et dénué d'effet. Et quand j'ai lu le scénario je me suis dit que c'était ce qu'il me fallait pour apprendre. Effectivement j'ai beaucoup appris lors de ce tournage qui a duré près d'un mois, durant le mois de juin.


Philippe Harel a dit dans une interview qu'il était difficile d'entrer en contact avec les acteurs de 40-50 ans et que ceux-ci disaient vouloir travailler avec le "jeune cinéma" mais qu'ils ne répondaient jamais. On sent de l'amertume dans ses propos, pourquoi?
Benoît Poelvoorde : Au départ il pensait à Jean-Pierre Bacri " Un air de famille " de Cédric Klapish mais à ce moment-là, il était en tournage, donc il ne pouvait pas accepter. Je sais qu'il a pensé également à Gérard Lanvin mais je ne sais pas pourquoi cela ne s'est pas fait. Mais dans le fond, je sais pas répondre exactement à cette question. Mais ce que je peux vous dire, c'est que j'ai joué avec des comédiens extraordinaires, Vincent Elbaz, Karin Viard et la très drôle Géraldine Paihas.


Cela t'a donné l'envie de continuer à jouer pour d'autres films?
Benoît Poelvoorde : J'ai difficile à répondre à cette question parce que j'ai vraiment eu des difficultés à cause de mon angoisse et de ma nervosité. Si ce que je fais n'est pas bon, je serais le premier à l'admettre, en me disant, je ne suis pas compétent pour ce genre de truc. Comme, je suis très exigeant avec les autres. Je le serais de même pour moi. Donc je ne peux pas répondre, il faut que j'aille voir le résultat, mais je n'ose pas y aller!


Pourquoi?
Benoît Poelvoorde : Je ne sais pas me regarder, donc j'enverrai mon épouse et mon agent avant moi. Au mois de mars! (Rires).
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MessageSujet: Re: BEN FRAICHEUR ET SIMPLICITE   Jeu 27 Avr 2006 - 13:01

:03: merci

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